Fabrice Auger Aux 24h00 Du Mans Avec Am Moto Racing Competition
24H00 Moto du Mans 2008


Fabrice Auger assure en Endurance - Photo : Esprit-Racing
Fabrice Auger assure en Endurance Photo : Esprit-Racing


Mardi 15 avril : Arrivé sur le circuit Manceau pour participer aux 24 heures du Mans, je retrouvais ma nouvelle équipe AM MOTO RACING COMPETITION #110 avec laquelle j'avais effectué mes premiers tours de roue quelques jours auparavant lors des essais officiels pré-24 heures.

Lors de ces deux journées, tout s'était parfaitement déroulé et nous avions pu travailler sur la moto pour la rendre efficace et signer d'excellents chronos, très prometteurs pour la suite.

Ce mardi, un créneau de 1h30 est réservé aux premiers essais libres afin de reprendre nos marques avec la machine et le tracé. Tout se passe bien, nous sommes « dans le coup ».


Mercredi 16 : 1h30 d'essais libres et contrôles administratifs le matin. L'après-midi est réservé au repos et à la détente. Le reste de la semaine va être éprouvant, il faut donc emmagasiner le maximum de force et d'énergie.
Pour nous aider, le Team est aux petits soins de ses pilotes et nous avons même le privilège de bénéficier d'un régime diététique spécifique
spécialement préparé pour la semaine de course. Une initiative à souligner car les « cuistots » avaient fort à faire pour nourrir matin, midi et soir la bonne vingtaine de personnes que constitue l'équipe. Malheureusement pour nous, ce n'était pas toujours facile de résister face aux tartiflettes et autres plats que l'on pouvait trouver dans l'assiette de nos collègues... à la table pilotes, c'était soupe, pâtes, viande blanche... mais c'était parfait et nous n'avons pas craqué face à eux !!!


Jeudi 17 : Début des choses sérieuses. Deux essais libres d'une heure sont prévus et une demi-heure de qualifications par pilote. Les essais se déroulent bien, nous sommes tous les trois dans un bon rythme et très confiants pour les qualifs. Néanmoins, un élément majeur est à prendre en compte : la pluie. Les séances qualificatives se jouent sur un terrain piégeux car il tombe quelques gouttes mais pas assez pour mouiller réellement la piste. Dans ces conditions, je signe un chrono de 1'.41''.399.


21h : Essais de nuit, 2x45 minutes sont prévues pour nous familiariser avec le tracé et la moto... sous la pluie. Ce n'est pas la situation rêvée pour prendre ses repères mais compte tenu que la météo a prévue d'être capricieuse pour le reste de la semaine, il vaut mieux s'y habituer rapidement ! Nous validons les réglages pluie du châssis et les pneumatiques.


Vendredi 18 : Deuxième séance d'essais qualificatifs d'une demi-heure pour chaque pilote. Il a plu jusqu'au petit matin et la piste est encore « grasse » lorsque les premiers pilotes s'élancent à 11h. Pour ma part, à 12h20, le soleil a fait son travail et c'est bel et bien sec. Je réalise un très bon chrono de 1.40.703, ce qui nous place 9ème sur la grille de départ définitive avec un chrono moyen de 1.41.156 (c'est la moyenne du meilleur temps des trois pilotes sur les deux séances d'essais qualificatifs qui est effectuée).

L'après-midi, c'est repos-repos-repos avec deux heures de séances de dédicaces au public à 17 heures. Une nouvelle fois, il faut chercher à se reposer au maximum car une course de 24 heures est difficile à encaisser pour l'organisme même étant parfaitement préparé physiquement.


Samedi 19 : Le grand Jour ! Ca y est, dans quelques heures c'est le départ. Le stress monte petit à petit, tout d'abord lors du warm-up de 45 minutes qui s'effectue sur piste mouillée et ensuite lorsqu'il faut prendre la décision du pilote qui partira à 15 heures. Sur le sec, c'est moi, sous la pluie, c'est Sullivan... le temps est très menaçant et c'est finalement lui qui partira... et nous ne le regretterons pas !


15h : Le départ de la course est donné sur le sec. Très bon départ, nous sommes 6ème dès les premiers tours mais à 15h07, la pluie fait soudainement son apparition.
La stratégie de l'équipe est parfaite et nous rentrons au stand très tôt pour chausser les pneus pluie. Une manœuvre qui nous vaudra de pointer à la 3ème place du classement général après une heure de course ! Les relais commencent à s'enchaîner. Des relais de 35 tours sur le sec soit environ une heure. Nous naviguons entre la 3ème et la 6ème place en fonction des ravitaillements et nous tenons un rythme très élevé.

Malheureusement, à 20 heures, la seule erreur que nous commettrons va nous valoir très cher. Pierre chute en doublant un attardé dans le virage du Musée et ramène la moto au stand très endommagée. 23 minutes plus tard, celle-ci ressort du box et je repars, le couteau entre les dents, à la 36ème position. Cela peut paraître décourageant mais à aucun moment pilotes, mécaniciens et l'ensemble du staff ne se sont laissé abattre. Il restait à ce moment là un peu moins de 19 heures de course et tout pouvait encore arriver !


Pour ma part, je me suis donné à 100% sur chaque tour effectué et dans toutes les conditions rencontrées : à 18 heures sur le sec et à 21 heures sous le soleil couchant (le relais que je préfère car tu montes sur la machine en plein jour et tu en descends la nuit, tu vis le coucher du soleil sur la moto, c'est magique !).

Puis la nuit lorsqu'à 3 heures du matin, tu reçois des gouttes sur la visière et que tu vois les drapeaux des commissaires au bord de la piste t'annoncer qu'il commence à pleuvoir dans certains virages et pas dans d'autres. C'est très dur à gérer car tu ne sais pas trop quel rythme adopter et où poser tes roues sans prendre de risques car tu ne vois rien, mais il faut malgré tout rester « à bloc »... fin de relais la Suzuki n°1 alors en tête chute lourdement dans un accrochage avec la Honda n°92 et c'est vingt minutes derrière le safety-car.

La course commence à être très difficile pour tous : le froid, la pluie, la fatigue... mais il faut tenir car nous remontons dans le classement, la 110 commence à pointer dans le top 20.

Autre moment difficile, le relais du petit matin (celui que j'aime le moins). 40 tours sous la pluie et une piste froide, à 6h30. Rien de tel pour se faire piéger et partir à la faute mais non, je parviens à gérer parfaitement ces conditions et à rouler dans de très bons chronos tout comme le font mes coéquipiers pour continuer à gagner du terrain, seconde par seconde.


13h45 : Nous nous sommes hissés jusqu'à la 10ème position mais nous sommes pris en chasse par les Yamaha n°4 (Folch Endurance) et n°3 (Phase One). Je prends le guidon et une course de vitesse débute alors. Il n'est pas envisageable de s'être autant « dépouillés » pendant plus de 22 heures et de se faire arracher le top 10 dans les dernières minutes de course.
Je reste concentré pour aligner des chronos rapides et signe par deux fois le meilleur temps de l'équipage dans la dernière heure (1.41.968). Un ravitaillement éclair à 14h45 pour finir les derniers kilomètres et je passe la ligne d'arrivée à 15h après 747 tours (soit 3 126 kms) devant tout mon team qui m'attend les bras tendus en bord de piste.

De très gros efforts pour une très belle performance qui, sans cette chute, nous auraient peut-être offert un podium... mais sur cette épreuve et dans de telles conditions, toutes les machines sont allées au moins une fois à la faute. C'est la loi de la course et du sport. Il faut apprécier pleinement le moment présent et être fier de ce que nous avons accompli car chacun d'entre nous a donné le meilleur de lui-même, c'est ce qui rend ces courses d'endurance si dures et si fortes à la fois.

Je tiens à remercier et à féliciter mes deux coéquipiers qui ont réalisé une excellente course sans jamais rien lâcher, l'ensemble de l'équipe AM MOTO RACING pour son efficacité, sa compétence et sa gentillesse, mes partenaires qui me suivent dans cette aventure, mes amis et ma famille.

Prochaine course, les 8 heures d'Oschersleben (Allemagne) les 9 et 10 août !

A très bientôt !


Fabrice OG c'est sur www.fabriceauger.com



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World-Endurance - Webteam - 04/05/2008 12:21:22