24 Heures Moto Du Mans 2008 : Jusqu’au Bout, Malgré Tout
3A Racing Team 24H00 Moto du Mans


3A Racing Team 24H00 Moto du Mans - Photo : Esprit-Racing
3A Racing Team 24H00 Moto du Mans Photo : Esprit-Racing


Dimanche : L’an dernier bien qu’étant arrivé le lundi matin à 8 heures, Gaby m’avoue avoir du faire une queue diabolique avant de parvenir jusqu’à notre emplacement…

3A Racing Team 24H00 Moto du Mans
Qu’à cela ne tienne, nous décidons de partir dimanche après- midi. Nono et Mathieu, quant’à eux, ont pris la route 2 heures avant nous au guidon (volant ?) du poids-lourd. C’est clair qu’avec notre honorable papy à 4 roues, la nationale ça le fait carrément !

Après avoir déposé mon Poile chez Papy er Mamie, Gaby et moi attaquons à notre tour les 580 bornes qui nous séparent du Mans. Passé Clermont, un déluge vient nous accompagner rendant les conditions de route dignes d’une Arche de Noë.

Pourtant, notre synchronisation avec la 2ème équipe tourne à la perfection puisqu’ils reprennent l’autoroute pour faire leur pose obligatoire au moment même ou nous les rejoignons ! Quel talent !

Trois quart d’heure plus tard les conditions n’ont pas changé et il nous faut arriver en vue du Mans pour que la pluie daigne nous abandonner.
Ce sont déjà une dizaine de véhicules qui attendent sagement devant la grille. Nous prenons la suite sachant que Frédoux et sa soeurette Marie, à bord de ma maison de Superbike, nous rejoindrons un peu plus tard.

Il est minuit et nous fermons tous les 4 nos petits yeux dans la fraicheur de cette nuit d’avril.



Lundi 7 heures
Surtout ne pas sortir un morceau de peau de la couette sous peine de la voir glaçonnifier (ça existe ça ???). Cette nuit sans chauffage n’a pas été douloureuse, le reveil l’est déjà plus !!! Dehors, ça klaxonne, ça jappe… C’est clair, nous ne sommes plus seuls !!! Des dizaines de camions s’entassent déjà derrières nous.

8 h 10 la grille s’entrouve et c’est la ruée… vers le parking d’à côté où on nous parque avant de bien vouloir nous ouvrir les portes de l’Eden (du circuit) du Mans.

Comme un fait exprès, dés que nous tentons de poser nos fesses pour déjeuner, le flot avance, si bien que Frédoux pilote son engin la tasse de café à la main. Epique !!!

Enfin nous prenons possession de nos emplacements. Un demi box #36 pour Gaby et Fred qui en moins de 3 heures nous torchent l’installation du stand et de la cabine de chrono. Nos voisins Hollandais ne sont pas encore arrivés.

Pour Marie, Mathieu, Nono et moi, mise en place du camp de base. Au menu : Montage de la tente Pirelli (coin cuisine) et de notre indéboulonnable tente verte (salle à manger). Nous sommes rejoints par Kiki, notre super cuisto, père de Mathieu qui accompagné de Daniel, Ex-Power Bike (merci !!!) se sont tappés la route toute la nuit pour être avec nous dés ce matin.

Tout ce passe drôlement bien puisqu’avec nous 5 cerveaux géniaux nous parvenons sans aide extérieure (heuuuu juste les repères au scotch US de mon Homme LOL !!!) à monter la tente tout seul. Le vent à décidé d’être de la partie et prend un malin plaisir à soulever tout ça. Pourtant, une bourrasque bien plus forte que les autres manque envoyer notre Kiki faire du deltaplane !!!
Obligés de rester rivés aux 4 pieds de la tente verte, c’est totalements impuissants que nous voyons notre cuisine Pirelli ployer, manquer se rompre puis se remettre en place. Les pieds sont tordus mais heureusement, n’ont pas cassé !
Enfin, avec l’arrivée de Pépère et Baboune notre coin restau achève sa mise en place avec raccordement de l’eau et mise en place du chauffe-eau.

Nous partageons enfin un bon petit miam bien mérité et partons tous au dodo sans demander notre reste.



Mardi
C’est une journée de repos pour moi et j’en profite un max. Mon bassin encore douloureux du Superbike me rappelle régulièrement à l’ordre, je décide donc de ne pas insister.

Il fait beau et c’est sous ce soleil radieux que mon Fast (bientôt very) Fafa (Fabien Favre) fait son apparition. Je suis ravie de retrouver mon plus fidèle coéquipier. Il faut que vous sachiez que malgré des propositions alléchantes et notre incertitude en début d’année de faire l'Endurance, mon Fafa a patienté tant il désirait rouler avec nous.

Je reste toujours pensive qu’en quelqu’un de son talent se bat pour rester avec nous alors qu’il pourrait peut-être trouver mieux ailleurs. Mais là, c’est nous qu’il a choisi et c’est très bien comme ça. Il n’est pas venu seul puisque sa « BlueBall » a elle aussi fait le déplacement. Fafa n’a pas comme Babard et moi pu rouler au Superbike il y a 2 semaines, il a donc décidé de faire la séance libre de mardi organisée par le circuit avec sa propre machine. Grand bien lui en prend puisque il finit cette heure et demie de roulage sur un très encourageant 1.46 !!! Décidemment il ne cessera jamais de m’étonner et ça ne fait que commencer...

Puis c’est au tour ne mon Babard (Jérome Bard) de nous rejoindre, mon Clermontois préféré c’est lui aussi lancé dans l’aventure une seconde fois avec nous. Je me sens rassurée entre mes 2 hommes et sais que notre complicité du Bol ne va pas tarder à faire son effet.
Nous sommes tous 3 impatients de découvrir notre Snowball d’Endurance lors du roulage libre de demain matin.

La nuit s’annonce tranquille si ce n’est nos charmants voisins qui décident de créer de toute(s) pièce(s) leur machine de 24 Heures. Quel bonheur et vas-y que je ponce et que je lime et que je perce . Soudain à 4 h du mat c’est l’apothéose nos plombs ont sauté dans le box et nous n’avons plus de chauffage. Heureusement mon Homme s’habille à la hâte et me trouve une solution rapide. Il n’en sera malheureusement pas de même pour notre Fafa qui se caillerat toute la nuit . Pas toujours simple la vie de ti pilote.



Mercredi
Le temps reste clément et nous prenons chacun la piste pour cette heure et demie matinale. Je suis de rôdage de plaquette et rentre au bout de 3 tours en faisant part de mon sentiment. Nous allons tout doucement décortiquer notre Snow pour finir sur un sentiment très homogène. C’est suffisamment rare pour être signaler car notre Fafa n’a pas du tout le même pilotage que Babard et moi et pourtant nous trouvons que la moto nous convient. Cool . Nous roulons 47, 47 et 48. Là encore l’homogéneité est de rigeur ! Excellent !

Demain c’est jeudi et un très gros morceau nous attend. Les conditions météo sont incertaines et nous croisons tous les doigts pour rouler sur le sec.



Jeudi
Les 2 heures de roulage du matin se passent bien même si un vent violent rend les conditions de piste très aléatoires ! Pourtant nous poursuivons nos réglages et testons nos futurs pneus de course "pour voir".

Puis c’est le temps des qualifs et mon Fafa attaque.
Le temps se couvre de plus en plus et quelques gouttes font leur apparition. Mais que cela ne tienne mon Fast Fafa se transforme en Very Fast Fafa nous gratifiant d’un remarquable 1.43.985 !!! Incroyable. Je ne cesse de lui répéter que moins il roule et plus il roule vite et le menace même de le priver de moto jusqu’au Bol (LOL !!!)

C’est à moi et je sens que les conditions climatiques sont de plus en plus précaires. Je m’élance boucle 9 tours. Je ne suis vraiment pas à l’aise. La pluie fait son apparition dans le virage de La Chapelle, puis au Garage Vert avec plus ou moins d’insistance. La question est : « Combien de temps mes slicks Pirelli vont-ils tenir ? » Je roule 1.47.086 et rentre dépitée ne sachant que faire. D’un côté je souhaite tenter d’améliorer pour assurer notre qualification, de l’autre j’ai super peur de mettre la moto par terre et d’handicaper Jérome dans sa séance…

Je reste là, assise sur ma Snow à me morfondre… La séance s’achève. Je suis 49 ème et très déçue. D’un côté, je me dis que j’ai peut-être bien fait d’assurer de l’autre je me tarbusque l’esprit à me dire que je mets notre qualification en danger.
Des gouttes apparaissent sur la ligne droite, je sens mon Babard tendu. Il part avec un intermédiaire avant et mon slick arrière. Il fait un premier tour puis passe une seconde fois devant nous déjà en 47.0 !!! Nous sommes tous rassurés, la piste n’est peut-être pas trop cata… Mon Jé s’applique et nous gratifie dans ses conditions bien difficiles d’un très beau 1.45.680.

BRAVO MES GARCONS vous avez vraiment assuré. Nous sommes 41ème sur la grille provisoire.
Déjà la pluis s’intensifie présageant des essaies de nuit humides. Effectivement, les essais de nuit se déroulent sous l’eau. Nous enchainons chacun 5 tours afin de prendre contacte avec la piste de nuit et dans ces conditions délicates.

Demain on remet un coup de collier pour la seconde qualif même si la pluie est annoncée.



Vendredi
La piste est très humide pour la séance de Fabien. Nous n’allons pas prendre de risque et son chrono de la veille est rassurant. Il prend donc sa qualif pour 3 tours en fin de roulage afin de me donner des infos sur l’état de la piste.

Il rentre m’annonçant que je peux passer les slicks et que malgré des traces d’humidité, je peux me lâcher…

Je suis tendue comme une corde à linge et sais combien l’amélioration est importante pour préserver notre place et ne pas dégringoler. Je laisse passer les 10 premières minutes d’une séance qui en comporte 30 espérant que la piste soit la plus sèche possible. Je m’élance, passe en 1.49 dès le premier tour puis rentre en « Etat second ». C’est un moment très particulier et difficile à expliquer. Quand je suis en qualif, j’ai ce moment sur un tour où tout mon corps réagit. Le souffle s’accélère, les pulsations cardiaques augmentent, la tête se vide et au passage de la ligne, je sais que ça doit être pas mal. Par contre, le tour suivant j’ai les jambes en coton et je suis bonne à jeter… Je repasse devant mon panneau après ce moment de grâce pour voir un superbe… 1.50 !!!

Je ne le crois pas… C’est pas possible… Y’a un truc. D’un seul coup le ciel s’écroule sur ma tête. Là vraiment je ne comprend pas comment j’ai pu me tromper à ce point et me demande si je vais parvenir à me remotiver pout les quelques tours restants… Je repasse sur la ligne pour aperçevoir du coin d’un l’oeil un 1.45 !!!! Mais c’est pas vrai ! Je l’ai donc fais.

J’apprendrai plus tard que mes filles m’avaient manqué au chrono ne m’attendant pas « si tôt, si vite ». Comme d’hab, l’émotion me gagne et les larmes commencent à couler sous mon casque. Je rentre sous les applaudissements apprenant que j’ai très légèrement améliorer ma perf de 2006 en 1.45.703.

Que du bonheur !!!

C’est au tour de mon Babard d’aller au charbon. Je lui annonce haut et fort « Piste sèche ! » - « Vas y mon Babard gros gazzzzzzzzz !!! » et il le fait nous offrant un magnifique 1.44.266.

L’équipe exulte. Certe nos adversaires aussi ont amélioré mais nous pensons avoir au moins assuré notre 41 ème position. Enfin la feuille finale arrive et nous nous retrouvons 38ème sur la grille. C’est énormissime.

Nous savourons la séance de dédicaces prèts à affronter les 24 Heures qui nous attendent demain !!!



Samedi et Dimanche

La piste est encore très humide et nous jouons la carte de la prudence durant les 45 minutes du warm-up.

C’est Fafa qui prendra le départ. Mon grand coéquipier a amplement mérité ça aux vues de ses perf aux qualifs.

14 heures, la pression monte et tout le monde se tient prèt pour la procédure de départ. Gaby est soucieux, il sent venir la pluie et ne sait pas quoi mettre aux roues de notre Snow. Pour le moment le ciel reste clément mais de gros nuages commencent à s’aglutiner.

15 heures, le départ est donné et Fabien s’en sort à merveille !!! A peine 3 tours après, la pluie fait son apparition. Les chutes pleuvent autant que les gouttes et notre pilote rentre au box après 7 tours. Nous sommes remontés 19 ème à ce moment précis. Incroyable !!!

La pluie poursuit son œuvre et les tours s’enchaînent. Elle cesse enfin et la piste se met à sécher. Fafa me passe le relai. Je pars en pluie pour rentrer 3 tours plus tard pour demander des intermédiaires. Je repars et rentre un tour plus tard la moto ne tourne pas ! On me change la roue avant et là enfin c’est OK ! Je gère ce relai au mieu toujours un peu stressée par ce premier run (de mauvais souvenirs de 2005…).

Puis je passe le guidon à Jé qui enchaine des tours très rapides. Jé est bien, se régale sur la moto (1.44.7 imaginez !) et roule comme une bête. Il rentre ravi et Fafa s’y colle. Il part sur le même rythme que Jé. Ils sont pas vrais ces 2 là.
Mais 5 tours plus tard patatra. Fafa perd l’avant. Heureusement il parvient à ramener la moto au moteur et nous perdons peu de temps. C’est dingue, le pneu avant qui était bien au retour de Jé s’est détruit à toute vitesse. Fafa souffre un peu d’une épaule déjà luxée 7 fois ( !!!) mais décide de repartir. Nous avons glissé en 48 ème place mais 24 Heures c’est long. Le calme s’installe et nous rentrons réellement dans la course. La nuit arrive, j’ai le bonheur de l’accueillir. Moment privilégié ou la machine et le pilote ne font plus qu’un. Nous remontons doucement, et mes garçons continuent à envoyer du gros.

De mon côté je suis régul et me sens super bien. Je m’étire un quart d’heure après chaque relai, vais me faire masser, mange et m’occupe avant de repartir. J’étire mon bassin côté gauche au max pour éviter les ennuis.

Puis, le temps change et Fafa commence à avoir des gouttes sur son relai . Il me passe le guidon et c’est à mon tour de gérer les averses qui jouent à cache-cache avec nous. Un coup dans la Chapelle (j’ai bien failli m’en mettre un belle), un coup au Garage Vert, elles virent et tournent jouant avec nos nerfs.

Sec durant un premier passage, un virage s’avère humide le tour d’après. Truc de ouf. Les organismes souffrent tant la concentration est rude pour ne pas tomber. Enfin, la pluie débarque pour de bon. Il est environ 5 h du mat et je sais que ce relai sera très, très long. L’adhérence est quasi inexistante et je lutte dans chaque virage pour rester sur mes roues. Je force le déhanchement pour tenir la moto la plus droite possible et pouvoir réaccélerer. C’est dur, très dur et… 38 tours plus tard je suis de retour au box. Mon corps est comme broyé. J’ai l’impression d’avoir passer des heures dans une essoreuse.

Le temps reste humide et mon Babard se tappe le seul et unique safety-car de la course. Histoire de corser la sauce, il a affaire au safety le plus lent jamais connu. La zolie tuture se traine à 50 km heure interdisant aux pneus de garder une once de température. Rock and Roll !!! Mais mon Babard assure et mène sa barque (c’est le mot) de la meilleure des façons.

Malheureusement, au matin une piste rendu extrèmement piégeuse aura raison de mon Jé qui part à la faute. Il rentre à son tour au moteur, le staff repart très vite et Fafa repart. Les conditions ne s’améliorent pas et Gaby tente de me passer un autre pluie arrière.

Je pars très prudente sort de la Chapelle , rentre dans le Musée pour en ressortir sur les fesses. P----- c’est pas possible. Je n’ai rien fait et la piste ne m’a laissé aucune chance. Les formidables commissaires arrivent et m’aident à relever ma bête blessée et à la ramener en sécurité dans la voie du même nom.

Mon demi-guidon gauche est cassé. Je tente quand même le coup, parvient à démarrer ma Snow, embraye et rentre cahun-caha jusqu’au box. On dit jamais 2 sans 3 et on pense que la pouasse va enfin nous laisser en paix. Et bien non, une quatrième chute vient sanctionner mon Babard au Raccordement.

Le Team est annéanti et tout le monde s’observe ne sachant si nous allons jeter l’éponge. Le carter d’embrayage est h.s… Mais il ne reste qu’un peu plus de 5 heures de course…

Soudain, la « machine Gaby » se met en marche et la moto est remontée en quelques dizaines de minutes pour ressortir du box sous les applaudissements de tous. On va finir, coute que coute la #67 passera l’arrivée.

Ces dernières heures seront sans doute les plus longues que j’ai connu mais à 15 H 00 je franchis la ligne. Nous avons tous les yeux rougis tant par la fatigue que part l’effort et l’émotion mais cette 32 ème place sonne un peu comme une victoire pour nous tous. Victoire contre le sort, victoire du formidable staff technic, victoire de toute l’équipe.


A Tous MERCI !!!

Je remercie toute ma formidable équipe du 3A Racing Team et est hâte de tous vous retrouver au Bol.
Je remercie mes 2 incroyables coéquipiers. J’ai longtemps cherché… Je crois vous avoir trouvé..
Les formidables commissaires du Musée. On vous doit cette 32 ème place !
Tous les médias et plus particulièrement Esprit-Racing, Caradisiac.com et Eurosport !!! Nous étions sur les écrans à de nombreuses reprises. Magique !!!
Le public d’être venu en masse nous encourager.

Et bien sur 10 000 000 merci à tous nos formidables partenaires sans lesquels rien ne serait possible.

Elan, Elf, Pirelli, Ermax, Carbone Lorraine, Roof, Afam, Yamaha France, Door Performance, Tournay Distribution, Micron, Ohlins, Fuzion, Forma Boots, Esprit-Racing, Auto Moto Design, Prismaflex International, Arc en Ciel, Imprimerie Marcoux, Philip'Motos, Wearing, Braking, Moraco, Moto-Net, la carosserie S. Berthoux, Billard Engrenages, MCT distribution.

A bientôt au Vigeant pour la 3 ème manche du Championnat de France Superbike les 24 et 25 Mai 2008 !!!



Magali Langlois #67 pour le 3A Racing Team



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World-Endurance - Webteam - 29/04/2008 16:57:31