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WORLD-ENDURANCE.COM | 01.08.12 | 16:47 WORLD-ENDURANCE.COM | 01.08.12 | 16:47


Bonjour à tous ! La course des 8H de Suzuka est une épreuve mythique, voire même autant prestigieuse que les 24H du Mans pour un motard averti.


En effet, les usines japonaises se livrent des duels sans merci pour remporter cette épreuve, à coup de machines ultra préparées et de pilotes de classe mondiale ! Ainsi, quand l'équipe R2CL m'a proposé de faire partie de l'aventure nippone, je n'ai pas hésité l'ombre d'une seconde.

Bien sûr, nous sommes conscients du niveau des pilotes participants et de la difficulté du circuit, et il est clair que nous ne visons rien d'autre que de se qualifier et de terminer la course ! D'autant qu'il y a très peu d'essais au programme, ce qui laisse peu de temps pour apprendre la très longue et complexe piste de Suzuka...


Arrivée au Japon :
En me renseignant sur la météo, je savais pourtant à quoi m'attendre, mais je n'imaginais pas que l'air était si étouffant. Ceci est dû à 100% de taux d'humidité allié à une température qui évolue entre 30 et 35° au cours de la journée ! C'est d'ailleurs pour cette raison que cette épreuve est réputée comme terrible physiquement !

Après avoir installé le box, posé nos affaires à l'hôtel et passé une bonne nuit afin de se remettre des 7h de décalage, nous profitons d'une journée de visite qui nous permet de découvrir et d'apprécier cette culture si différente de la notre ! La gentillesse et la politesse des japonais ne sont pas une légende, et même s’il est parfois difficile de se faire comprendre, ils sont toujours prêts à rendre service !


Jeudi, premiers essais :
La découverte de cette piste est difficile. Il y a trop de virages sur cette piste de plus de 6 km. Les courbes s'enchaînent sans discontinuer et les repères sont délicats à trouver... Beaucoup de virages sont très rapides, il faut donc une moto à la fois stable et vive mais également avec un excellent moteur pour rivaliser en performance avec les machines nippones...
Sous le casque, la chaleur est vraiment étouffante, 2 tours suffisent pour que l’on ait du mal à prendre nos bouchées d'oxygène régénératrices. En descendant de la moto après avoir réalisé entre 5 et 7 tours, je me jette dans la piscine montée à l'arrière du box pour faire redescendre la température de mon corps en ébullition !
En revanche, le simple fait de parcourir cette piste mythique me procure un plaisir intense. Plaisir qui est amplifié par la qualité du tracé...
Le tour se parcourt en 2'08, pour les meilleurs. Pour moi, je tourne au dessus de 2'20. Il faut avouer que la moto n'est ni vive, ni stable, ce qui fait que j'ai du mal à lui faire confiance !
Ainsi, nous modifions considérablement les réglages, ce qui nous permet d'obtenir une meilleure vivacité sans toutefois parvenir à améliorer la stabilité. Mais déjà les essais libres sont terminés alors que nous n'avons même pas bouclé 20 tours par pilote.

Vendredi, essais qualificatifs :
Je continue d'améliorer mes repères, mais la moto bouge toujours autant et cela m'empêche de me lâcher complètement. Je n'ose pas retarder mes freinages ni même accélérer plus fort de peur d'être désarçonné par ma monture !
Je roule en 2'18 le matin puis 2'17"1 l'après midi. Je suis un peu déçu de mes temps, mais je ne souhaite pas prendre davantage de risques. En effet, étant donné la vitesse en courbe et la taille des dégagements, la chute peut couter très cher autant d’un point de vue matériel que physique !
Amaury, qui connait bien le tracé puisqu'il est déjà venu 2 fois, a tourné en 2'16"9 et Raphael, le pilote manager à tourné en 2'25"4. Nous sommes classés 49ème sur 60 équipages.


Dimanche, la course :
Le départ est donné à 11h30 pour une fin juste après la tombée de la nuit à 19h30. Nous sommes la plus petite équipe présente ici et lors de la visite des stands, quelques japonais s'amassent dans notre box vide (nous n'avons même pas de chaises, simplement les motos et quelques outils) pour nous supporter. Ils viendront même pendant la course avec des boissons fraîches, des glaces, des chaises achetées sur place pour donner leur coup de pouce à cette petite équipe venue de l'autre bout de la planète pour participer à cette course ! Leur gentillesse est déconcertante et je tiens à leur adresser un immense merci ! L'un d'eux et même kiné et nous "réparera" entre chaque relais !

C'est Amaury qui prend le départ. Nous avons opté pour la stratégie suivante : Amaury et moi nous partagerons les 4 premiers relais puis Raphaël en fera un et Amaury et moi prendrons les 4 derniers !

Très rapidement, nous nous plaçons parmi les 30 premiers. Nous avons l'avantage d'utiliser les mêmes types de pneus qu'aux qualifications, d'autant, qu'à défaut d'être performant pour un chrono rapide, ceux-ci sont efficaces pendant deux relais complets !

Amaury rentre et quelques secondes plus tard je pars avec le plein d'essence pour 55min de chaleur.

Dès les 1ers tours cela devient étouffant. Les gouttes ruissellent le long du casque ce qui perturbe la vision. Un peu d'adaptation est nécessaire mais rapidement je roule dans des chronos convenables en petit 2'18. Cela fait tout de même bizarre de voir littéralement débouler les concurrents des 1ères places, que ce soit dans les courbes ou encore plus dans les bouts droits où l'on se fait avaler par les machines officielles...

Les 20 premiers tours s'enchaînent plutôt bien, mais pour les 5 derniers, c'est plus compliqué. Je me suis tout simplement vidé de toute l'eau que j'avais en réserve dans mon corps et celui-ci me le fait ressentir. La vision a alors tendance à se troubler aux moments critiques et la moto devient lourde à balancer. Malgré cela j'essaie de finir mon relais sans baisser de rythme. Enfin quand je ralentis pour rentrer aux stands je peux ouvrir ma visière et apprécier une bouffée d'air... chaud. Je descends de la moto et je dois tenir l'extincteur car nous ne sommes pas suffisamment pour ravitailler. Une fois cela terminé je me déshabille en vitesse pour me jeter dans la piscine et boire 2 litres d'eau.

Je m'hydrate un maximum car je n'ai que 45min avant de me préparer à mon second relais.

Nous sommes à présent 26ème et nous espérons conserver cette place. J'entame ma deuxième série de 24 tours avec un peu plus de punch que la 1ère, je me mets immédiatement dans le rythme, bien aidé par un pilote en point de mire. Je remonte très progressivement sur lui en roulant légèrement plus vite qu'aux qualifications. Je fais quasiment tous mes tours en 2'17 et quand je m'apprête à dépasser ce pilote que j'ai pris en chasse pendant près d'une heure, la selle se casse et manque de justesse de me faire chuter. Je fais deux tours de plus le temps de prévenir l'équipe que je rentre puis je ramène la GSXR1000 au stand. Les pneus sont changés et Raphaël prend son 1er relais, ce qui permet à Amaury et moi même de bénéficier de presque 2h de repos.

Hormis ce petit incident, tout le reste se passe bien et nous nous replaçons à la 26ème place que nous occupions. Pour mon 3ème relais, bien reposé, je continue sur mon bon rythme sans commettre d'erreurs. Je me fais vraiment plaisir sur ce circuit où les courbes rapides s'enchaînent à une allure démoniaque ! Nous sommes 25ème quand je dépose la moto au box. Il reste 1h30 à tenir dont la dernière demie heure qui se déroulera dans la nuit.

C'est d'ailleurs moi qui monte sur la moto pour cette fin de course. Le soleil décline et je vois de moins en moins les repères de freinage. Je ne prends plus de risques car nous n'avons plus rien à gagner. Je profite simplement de l'adrénaline offerte par la vitesse en courbe alors qu'il fait maintenant totalement sombre ! J'aperçois maintenant le public s'amasser dans la tribune en face des stands en vue de l'arrivée !

Encore quelques tours de parcourus et je franchis le drapeau à damier à la 24ème position bien content d'avoir participé et terminé cette épreuve qui était pour moi un rêve de longue date !

Le tour d'honneur fut d'ailleurs assez émouvant avec des milliers de Japonais ayant investi la ligne droite des stands tendant la main à notre passage...


Conclusion :
Nous étions là pour vivre cette aventure, nous pensions terminer entre 30 et 40. Au final nous avons vécu une super aventure, et nous avons fait mieux que ce que nous espérions, même si cela me paraît bizarre en soi de se satisfaire d'une 24ème position.

J'ai pu vivre un rêve grâce à l'équipe R2CL composée de Raphaël, Annabelle, Seb, Denis, Toz, Fred, Marco et Amaury, sans oublier mon papa qui nous a accompagné (et que j'ai d'ailleurs laissé là bas puisqu’à l'heure où j'écris ces lignes son passeport est dans ma poche ! …). Merci à eux tous !

Merci également aux locaux pour leur soutien et leur gentillesse !

Et enfin merci à tous nos partenaires : IXON, SKEED, SHOEI, GAERNE, TRANSPORT GAILLARD, YOHANN MOTO SPORT, ESPACE MOTOS 95, France EQUIPEMENT,…



Cédric Tangre c'est sur www.cedrictangre.com



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Cédric Tangre, les 8H00 de Suzuka au sein de l'équipe R2CL (D.R.)
Cédric Tangre, les 8H00 de Suzuka au sein de l'équipe R2CL (D.R.)
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