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WORLD-ENDURANCE.COM | 20.04.10 | 22:39 • Mis à jour le 20.04.10 | 23:03 WORLD-ENDURANCE.COM | 20.04.10 | 22:39 • Mis à jour le 20.04.10 | 23:03


Bonjour, nous voilà rendus comme chaque année à la seconde quinzaine du mois d’Avril sur le mythique circuit Bugatti du Mans, pour la course la plus réputée et la plus importante en France.


Après une première sortie désastreuse en championnat de France Superbike, j’arrive, pour cette difficile épreuve, physiquement atteint. Mais, et cela prend encore plus d’importance. C’est moralement que je souffre le plus. 2 chutes en essais à Ledenon (dont une pour laquelle je n’y étais pour rien) m’ont enlevé toute la confiance dont je disposais.

ESSAIS :
Avec ça mes premiers tours de roues le Jeudi sont très lents. De plus on dispose d’à peine 2h d’essais libres à se partager en trois pilotes pour me mettre dans le rythme. (A savoir que les autres pilotes ont eu toute la journée de mardi d’essais, malheureusement pour des raisons physiques et professionnelles, je n’ai pas pu y participer…)
Après 5 tours délicats, je laisse le guidon à mes coéquipiers. Je ne me sentais pas du tout à l’aise sur le moto d’endurance qui dispose d’un énorme réservoir permettant de tenir prêt d’une heure en malmenant le moteur mais limitant énormément les mouvements du pilote et rendant la moto difficile à emmener d’une courbe à l’autre.
Un peu plus tard je reprends les commandes de la numéro 72, je me sens moins mal à l’aise, mais les chronos ne s’améliorent pas en raison du monde sur les piste (65 motos). Après tout juste 4 tours la moto s’arrête… Problème de pompe à essence …

QUALIFICATIONS :
J’entame donc mes qualifs avec seulement une dizaine de tours dans les pattes. Dès le premier tour, le drapeau rouge est agité suite à la chute d’un concurrent.
On reprend ainsi une séance amputée de 5 bonnes minutes et manque de chance, dès mon premier tour lancé la même panne que le matin se déclenche… Le temps de repasser par les stands, changer le réservoir et je repars pour 4 tours, dont le meilleur sera un pauvre 1’41’9 qui me donnera le 23ème chrono des pilotes « bleus ».
Mes coéquipiers Lucas et Baptiste réalisent quand à eux de supers essais en roulant en 1’40’3 et 1’39’9. A la moyenne des 3 pilotes, nous sommes 9ème et leader de la catégorie Stocksport.
Le Vendredi, nous disposons d’une séance supplémentaire pour nous qualifier :
J’essaye toujours de reprendre confiance, mais les tours s’enchaînent et rien ne s’arrange. Quoique je fasse je ne parviens pas à me lâcher et à freiner tard, ainsi qu’à rentrer vite en courbe. J’ai l’impression que la moto ne pivote pas car je n’ose pas prendre d’angle. En bref mes chronos sont toujours moyens… 1’41’6 en pneus d’endurance, puis avec un arrière neuf que l’on utilise en course de vitesse, difficile de se frayer un chemin parmi les 65 motos, alors qu’il reste une minute et que enfin la piste est libre devant moi, c’est la panne sèche. Je termine 15ème de ma séance en 1’41’2.
Lucas réalise quant à lui une super séance avec un magnifique 1’39’3 et Baptiste réédite sa performance. Cela nous qualifie aisément pour la Superpole (les 20 premiers). C’est Lucas qui s’élancera pour celle-ci. Il prendra au général la 11ème place et la 1ère dans notre catégorie des Stocksport… (A suivre).
Le point positif est que je ne force pas pour réaliser ces chronos et que c’est très certainement dans ce rythme que je vais pouvoir entamer les 24H… Réponse d’ici quelques lignes…




LA COURSE :

C’est Baptiste qui prend le départ. Il se place bien dès le lancement de la course et me laisse le guidon en 12ème position mais surtout leader de la catégorie Stocksport.
Je m’élance et dès mon premier tour je m’aperçois que la moto manque de puissance, dès mon second tour elle a des coupures et je réalise immédiatement que les soucis de réservoir ne sont pas résolus… Arrêt au stand obligatoire, les mécanos remplacent en 2 temps 3 mouvements le « branchement » du réservoir et on repart avec 4 minutes de retard. Malheureusement, très vite le phénomène recommence et je dois de nouveau m’arrêter au stand, pour cette fois remplacer le réservoir. Retour en piste loin derrière malgré la rapidité de l’équipe.
Le moral en prend déjà un coup car dès la première heure nous n’avons déjà plus droit à l’erreur… Mon relais ne sera interrompu que par la sortie de safety-car suite à un gros accrochage (je souhaite d’ailleurs un prompt rétablissement à Guillaume Dietrich).  Mon rythme est plutôt encourageant, je roule en petit 1’42 avec quelques 1’41. Ce premier relais est éprouvant puisqu’il aura duré environ 45 tours au lieu des 31 prévus soit à peu près 1h30.

Dans les relais suivants nous sommes encore ralentis par ce même problème (à priori cela viendrait d’un produit anti-rouille appliqué sur les réservoirs cet hiver et qui en réagissant avec l’essence crée une pâte qui bouche la pompe à essence). A ce moment précis, on se pose la question de l’utilité de continuer en sachant que la course est perdue d’avance puisque nous avons déjà accumulé une douzaine de tours de retard. Malgré tout l’équipe reste motivée et essaye de résoudre définitivement le problème.
J’entame mon second relais, je dois l’avouer, sans grande motivation mais je donne quand même le meilleur pour l’équipe et réalise quasiment l’intégralité de mes temps en 1’41. En rentrant j’apprends que l’on a déjà pas mal remonté. L’espoir reprend !

La remontée est donc entamée et mes coéquipiers continuent sur un rythme supérieur à toutes les autres motos de la catégorie (nous sommes en moyenne une seconde plus rapide que les autres).
Pour mon premier relais de nuit, la poisse nous poursuit, en effet un projectile casse le phare dès mon 3ème tour. Le circuit étant bien éclairé j’attends que la direction de course m’oblige à rentrer au stand… C’est chose faite dans mon 11ème tour. Je repars alors pour un relais complet après remplacement du carénage. C’est donc de nouveau 45 tours à encaisser. Mais la motivation de remonter prend le dessus sur la douleur physique et mes chronos sont parmi les plus rapides de la nuit.
Les relais s’enchaînent et les ravitaillements sont gérés impeccablement par l’équipe malgré des plaquettes qui s’usent un peu trop rapidement. Mon dernier relais  s’est d’ailleurs terminé par un tout droit lors de mon dernier tour puisque j’étais « sur la ferraille ».
Au petit matin nous sommes 13ème au général et 5ème de notre catégorie. Nous ne sommes plus qu’à  4 tours du leader de notre catégorie et nous avons grand espoir de réussir à l’emporter sur le fil, comme l’an dernier.
Malheureusement, cette année la chance n’est vraiment pas notre alliée. Le support qui permet de béquiller la moto casse et nous perdons un peu du terrain que nous avons eu tant de mal à gagner. Puis alors que je prends mon relais, je rattrape un concurrent. Celui-ci s’élargit au virage de la chapelle. Je le vois regarder sous sa moto et pensant qu’il ne reviendra pas sur la trajectoire, décide de le dépasser. Mais ma prévision était trop optimiste et le voyant revenir j’essaye de freiner sur l’angle mais pour quelques malheureux centimètres ma roue avant touche sa roue arrière et je suis projeté à terre sur mon côté déjà blessé…

Difficile donc de courir chercher la moto en raison des douleurs provoquées et réveillées par cette chute. Malgré le frein avant cassé, je peux tout de même ramener la moto par les voies de sécurité. Lucas repartira après réparation pendant que j’évalue si mes douleurs me permettront de continuer.
Pour ne pas empêcher l’équipe d’aller au bout, je vais surmonter mes maux pour mes deux dernier relais. Ce coup-ci nous savons qu’il n’est plus possible de remonter et la motivation ne me permet plus d’atténuer la douleur physique.
Ces deux relais sont les plus difficiles que j’ai eu à faire jusqu’ici. Impossible pour moi de me retenir au freinage, surtout sur ceux qui commandent des virages à gauche, je suis incapable de rouler plus vite que 1’46… Cette heure à subir les réactions de la moto est très difficile, mais je pense à l’équipe et à tout le travail des mécanos pour préparer l’évènement. Je ne peux pas les lâcher ! Alors je poursuis ce rythme qui peux s’apparenter à un rythme tranquille de pilote fatigué, mais qui en fait est un véritable combat pour moi…
Je suis heureux quand mon combat prend fin à deux heures de l’arrivée pour laisser place à mes camarades de jeux qui se chargeront d’effectuer leur dernier relais et de rallier l’arrivée en 19ème position au général et à la 8ème en catégorie Superstock.

CONCLUSION :
Je suis très déçu pour l’équipe, pour les mécanos qui se sont donnés tant de mal pour que tout soit prêt. Mais des évènements totalement imprévisibles ont eu raison de leur engagement et je suis très déçu pour eux. Quoiqu’il en soit je les remercie de leur travail, de leur investissement de la rapidité et de la précision de leurs interventions. Ils méritent un grand BRAVO car pendant cette course, ils n’ont pas chômé et ils se sont montrés plus qu’à la hauteur !!!

Nous avons malgré tout réussi à rallier l’arrivée et même si le résultat est loin des espérances, nous avons donné le maximum et pouvons être fiers du parcours réalisé.

Pour ma part, après des essais délicats, j’ai été en course aussi rapide que mes coéquipiers. J’ai réalisé des relais rapides et très réguliers. Je me suis senti à l’aise sur la moto et surtout j’ai repris du plaisir à piloter. Je n’ai commis quasiment aucune erreur, même si je m’en veux un peu sur la chute, car j’aurai pu l’éviter en réagissant plus vite. Tout cela constitue une satisfaction personnelle et j’espère que cela m’aidera à regagner la confiance perdue ces derniers temps.

Et puis dans la vie il y a des épreuves où l’on triomphe et il y a celles qui sont plus difficiles mais qui nous permettent d’apprendre. Celle que je viens de vivre appartient à cette catégorie et il est clair que j’ai beaucoup appris durant cette épreuve.

Enfin, malgré 24heures de course, j’ai tout de même vraiment hâte de reprendre le guidon à Nogaro dès Vendredi.

Merci encore à toute l’équipe, Damien, je ne t’ai pas cité mais merci vraiment, pour ta confiance, tes mots et ton investissement ! Bravo pour les valeurs que tu inculques aux ptits gars ;). Et un grand merci également à tous les partenaires du Junior Team.

A bientôt, merci de votre lecture.
Salutations sportives et amicales.
Cédric TANGRE.



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