Interview De Magalï Langlois - Bilan & Avenir !
La Touche Féminine de l'Endurance


Mag en Action ! - Photo : Esprit-Racing
Mag en Action ! Photo : Esprit-Racing


Interview de Magalï Langlois - Bilan & Avenir !

2008, Toujours plus haut !
Esprit-Racing vous propose aujourd’hui la touche féminine de l’endurance en la personne de Magalï Langlois, une personne attachante mais Femme avant tout... Surtout dans la longueur de son bavardage !

Esprit-Racing : L'année 2007 est maintenant terminée, comment juges-tu la performance du team en Endurance ?

Magalï Langlois : L’année s’est déroulée en 2 parties. Nous sommes arrivés aux 24 Heures du Mans avec une nouvelle moto la R1 2008 que nous ne connaissions tous les 3 (Christelle Orsi, Fabien Favre et moi même) que très peu.

Même si ça restait une R1, l’adaptation aux nouvelles performances n’a pas été simple. Ajouté à cela de nouveaux pneus chez Pirelli que nous n’avions pas eu le temps d’essayer et vlan... Nous sommes passés à la trappe pour quelques dixièmes…

Le niveau est de plus en plus relevé en Championnat du Monde d’Endurance. Aujourd’hui, les équipes n’ont plus le droit à l’improvisation sinon elles se font sortir en qualification.
Pour te dire, notre moyenne lors de ces 24 nous aurait mis dans les 20ème sur la grille 2 ans plus tôt. Impressionnant !!! Mais comme d’hab, l’équipe ne s’est pas laissée abattre.

J’ai profité de ma saison en Championnat de France Superbike pour apprendre la machine et les pneus. Fabien Favre et Jérôme Bard (Chrichri avait des obligations professionnelles) ont tous deux mis un super coup de collier. Fabien s’est entraîné durant l’année avec sa R6 et a participé aux 500 milles. Jérôme a découvert la moto très tard mais s’y est très vite adapté en réalisant de chronos de fou en entraînement sur le circuit d’Issoire. Résultat, une 25ème place scratch au Bol. Que du bonheur ! Cette saison a donc vraiment été en 2 temps.


E.R : Toi personnellement, es-tu satisfaite de ta prestation ?

M.L : Satisfaite !!! Ben en fait je ne le suis jamais…
J’ai été très frustrée de ne pas reproduire au Mans les chronos de l’année précédente. Je me suis donc sentie très mal après cet échec aux 24. Mais dès le week-end suivant j’étais à Magny-Cours pour préparer le Bol. Magny-Cours est loin d’être mon circuit favori, j’ai donc essayé d’y aller assez souvent avant le Bol et ça a payé.

C’est surtout ma saison en Superbike qui m’a énormément aidé. Avec un 1.47'8 en course lors de la finale de fin juillet, je suis arrivée au Bol gonflée à bloc. Mais comme d’hab les choses ne se sont pas passées comme prévues… Je me suis blessée lors de la première qualif en voulant éviter d'être percutée au « Château d’Eau » avec un pilote un peu trop optimiste. Résultat, je me suis tapée la deuxième séance et toute la courses avec une cheville droite dans le sac (et un orteil cassé… mais ça je ne l’ai découvert qu’après la course !).
Je pense avoir malgré tout tenu mon rôle de coéquipière même si j’aurais préférée rouler plus vite lors de mes relais. La « légende » commence à courir dans mon équipe que si nous voulons finir une 24, il faut que je me blesse avant et ça marche… Bonjour l’angoisse ! S’il était possible que ça se passe le lundi en arrivant et que ça ne soit pas trop douloureux ça m’arrangerait lol !!!


E.R : La FIM a annoncé la fin de la catégorie Superbike, qu'en penses-tu ?

M.L : C’est dommage car ça permettait aux équipes qui en avaient les moyens d’avoir des top-top machines et de vraiment montrer leur « savoir-faire » dans le but, pourquoi pas de viser des championnats plus relevés encore (si c’est possible vu le niveau en Mondial d’Endurance !). D’un autre côté je ne suis pas certaine que cela change grand chose car les machines d’origine sont aujourd’hui très performantes.

Ce n’est pas un secret, nous nous sommes mis en Superbike sans jamais avoir touché une seule fois au moteur de notre Yam. Gaby a pris cette décision car, au vu des perf de ma machine, des bruits ont circulé disant qu’elle était « tapée » (heuuu avec mes 55 kilos tous mouillés de chaud… Ca aide en ligne droite lol !!!). J’avoue que ça nous a beaucoup fait rire sur le coup et puis nous nous sommes dit que de nous mettre en Superbike tournerait court à toute réclamation sur les perf de notre « Snowball » (autant l’appeler par son nom !). Mais en aucune façon nous n’avions les moyens de préparer le moteur. Pourtant, la moto était vraiment bien (et puis les plaques noires c’était plus joli lol !!!) Donc, la « mort » du Superbike n’est certainement pas une fin en soit. Je pense que ça n’empêchera pas de voir de très belles machines qui marcheront aussi bien.


E.R : En 2007 on a pu t'admirer en championnat de France Superbike, quelle expérience en tires-tu ?

M.L : C’est énorme. J’ai appris plein de choses. J’ai plus de facilité à me mettre dans le coup aux qualifs et sur un départ. Le Superbike c’est l’adré à 110% surtout quand tu as la chance de côtoyer le gratin de la vitesse française.

Je me suis tout simplement régalée et surtout j’ai été au bout de chacunes des courses auxquelles j’ai participé, engrangeant par la même une expérience énorme à chaque fois. Chaque course a été exceptionnelle. Déjà j’ai du gérer le fait d’être « Wild-Card » sur chacune et de savoir si je participerai que quelques semaines avant. Au Mans, la mise en route fut difficile à cause du manque de roulage sur la moto, je fais une course assez solitaire.

Au Vigeant, circuit que je n’aime, à la base, vraiment pas (grosse blessure en CFE), je descends en 48 alors que je n’avais jamais fait mieux que 50 et me régale durant la course. A Lédenon, malgré une chute en début de seconde qualif, un doigt écrasé, un énorme hématome au bras, je remonte sur la moto et passe enfin sous la barre fatidique des 30 en 1.29.9 (je vous ai dit qu’il fallait que je sois blessée pour rouler vite !!!). A Albi, ce fut l’éclate. Une course compliquée, ponctuée de 2 interruptions et de conditions climatiques difficiles.
Par contre un pied monstrueux à me tirer la bourre avec mon Steph Kokès (nouvellement intégré au 3A pour le Championnat de France Superbike 2008). Enfin, Magny-Cours l’apothéose pour moi. Une course d’anthologie avec Jérôme Bard, mon super pote, un chrono tant attendu et surtout pas de drapeau bleu jusqu’à l’arrivée… Le Rêve. J’espère avoir le bonheur de remettre le couvert en 2008 !


E.R : 2008, le 3A Racing Team de nouveau au départ des 24 et du Bol ? Avec quel équipage ?

M.L : Très sincèrement nous l’espérons de tout notre cœur mais cette année plus qu’une autre, les sponsors manquent. On va tout faire pour y être mais refuserons de le faire dans de mauvaises conditions. Pour l’équipage, rien n’est déterminé. Fabien Favre sera très certainement de la partie. Pour les autres… mystère… Ah si moi peut-être je devrai être là !



E.R : Une femme en Endurance, ce n'est malheureusement pas encore assez courant, alors quels sont tes secrets ? Comment te prépares-tu à cette nouvelle saison ?

M.L : Je crois que le fait que je parvienne à « durer » plus que mes consoeurs vient de nombreux paramètres. Tout d’abord, la passion : je suis dévouée corps et âme à mon sport et ça m’aide dans le moments difficiles. Ensuite, j’ai fais un choix de vie. Chez nous, on vit moto, on mange moto (y’en a toujours une dans le salon ;-), on dort moto (2 des 3 chambres sont des dépôts de pièces). Les filles ne sont peut-être pas toutes prêtes à cela chez elles ! Ensuite, je ne lâche jamais l’affaire. Ce truc là c’est génétique je pense.

Quand j’ai débuté la piste, mon rêve était de faire le Bol d’Or au moins une fois dans ma vie… J’en suis à 5 et j’aimerais bien que ça continue. Malgré la souffrance, la désillusion ou… le mauvais temps, je m’accroche toujours pour être à l’arrivée. Une vraie tête de mule ! Après, il y a l’entourage. Ma vie de pilotesse est peuplée de rencontres, bonnes ou mauvaises, mais qui m’ont toujours permis d’avancer. Et puis, et surtout, des amitiés hors norme, Le team, les pilotes (Christelle, Fabien, Steph, Jérôme, Bertrand et tous les autres) ce sont des amitiés anciennes et qui se bonifient avec le temps. On est dans le même bateau, la même galère parfois et ça crée vraiment des liens. Enfin les « autres », ces rencontres de paddock, d’internet, de bac à gravier (hein mon Fred) qui jalonnent la vie d’une pilotesse et la rendent si exceptionnelle !

Mais le paramètre majeur s’appelle Gaby et partage ma vie depuis 14 ans. Sans lui pas de Mag !

Pour ce qui est de la prépa je suis un bourreau de sport et ce depuis des années. Natation, course à pieds, vélo toutes ces disciplines font parties de mon quotidien (je fais du sport 5 à 7 fois par semaine, à midi entre mes 2 demies-journées de boulot).
J’ai la chance que ce ne soit pas une contrainte mais un réel plaisir. Mes parents étaient sportifs et m’ont éduqué dans le culte du sport. Cette année, j’ai rajouté un petit + et me suis inscrite dans une salle de sport. Résultat, je suis totalement accro. J’attends avec impatience le début des entraînements pour voir si cette nouvelle discipline porte ses fruits.


E.R : D'années en années tu réalises tes rêves... Bol ... 24 ... Quels sont tes nouveaux rêves ?



M.L : Tout est un rêve tu sais. Le fait que je puisse regarder derrière et me dire « Ouhaou pas mal ce qui tu as fait jusqu’alors » c’est déjà énorme et surtout se dire que ce n’est pas fini.
Je souhaite vraiment pour cette année que notre projet en Championnat de France Superbike aboutisse. Faire rouler Steph Kokès et Carole Gonçalvés sous les couleurs du team sera un truc vraiment monstrueux et une nouvelle étape dans la vie de l’équipe. Après, ben j’aimerais bien gagner au loto histoire de ne plus m’arracher les poils de tête à chaque fois que je veux trouver des sous pour une nouvelle saison. Sportivement parlant si le jeune Valentino voulait me prêter sa tite M1 juste un peu pour voir, ça serait ENORME, d’ailleurs Fred si tu veux bien lui passer le message !
Et puis si je m’écoutais, un Wild Cards, juste un coup pour voir, en Mondial SBK, tout le Mondial d’Endurance mais là je crois que mon Boss va pas être d’accord ;-) Mais bon rouler tout mon saoul ce serait déjà pas mal !


E.R : Merci Mag pour ce témoignage, nous te souhaitons toute la réussite possible et une belle saison 2008 !

Vous pouvez retrouver le 3A Racing Team sur : magali-langlois.esprit-racing.com

Ainsi que sur le Blog de MagaLï Langlois : blogs.aol.fr/magalil77/3ARACINGTEAM/






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World-Endurance - Fred14 - 24/12/2007 18:11:32