Team Power 113 Interview De David Barrot
PORTRAIT D’UN MENEUR D’HOMME AU GRAND COEUR


TEAM POWER BIKE - Photo : PhotoPress DR
TEAM POWER BIKE Photo : PhotoPress DR


TEAM POWER 113 INTERVIEW DE DAVID BARROT PORTRAIT D’UN MENEUR D’HOMME AU GRAND COEUR

Fondateur et animateur du TEAM POWER BIKE renommé aujourd’hui TEAM POWER 113 suite au partenariat établi avec le MOTORACING 113 basé à Vitrolles (Bouches du Rhône), David BARROT a accepté de se prêter au jeu de l’interview. Avec pudeur et modestie. Avec également beaucoup d’insistance de ma part...

Si le professionnel expérimenté qu’il est au sein de sa concession YAMAHA située route de Perpignan à Narbonne, si l’ex-joueur de haut niveau de rugby à XIII à Lézignan-Corbières qu’il était dans les année 1990-2000, si l’ex-pilote de moto et le manager du team sont affables et diserts, l’homme lui est plus réservé. Découvrez les différentes facettes qui composent la personnalité attachante de David, ce meneur d’homme au grand cœur.


David, pour commencer, peux-tu te présenter ?
J’ai 38 ans. Je suis père d’une petite fille dont le prénom est Laura et je vis avec Stéphanie, ma compagne.



Depuis quand fais-tu de la moto ?
Depuis toujours (dit-il en souriant). Ma première moto, je l’ai eue à 14 ans. C’était une Yamaha 125 YZ à refroidissement par air (précise t’il dans un éclat de rire).

En fait, je me suis réellement lancé dans ce sport vers 30 ans lorsque j’ai arrêté de pratiquer le rugby à XIII à Lézignan-Corbières suite à une grosse blessure. Je ne savais plus quoi faire de mes dimanches et passionné de moto depuis toujours, je suis donc parti roulé sur un circuit.
Sans avoir à l’esprit de renouer avec la compétition. Juste pour m’occuper et me faire plaisir. J’ai rencontré ainsi Philippe THOMAS, un ancien pilote connu et reconnu dans le milieu de la moto de compétition.

Il m’a convaincu que je possédais un petit potentiel et quelques qualités de pilotage. Je pouvais selon lui me lancer dans ce sport. C’est monté crescendo au départ en vitesse puis en endurance, mes copains du rugby souhaitant m’accompagner dans cette aventure.

Nous étions trop nombreux pour composer un team en vitesse où quatre à cinq personnes suffisent pour fonctionner. Nous nous sommes donc lancés en endurance avec un groupe soudé et composé d’une vingtaine de personnes. C’est cela que l’on appelle l’esprit rugby. C’est ainsi qu’est donc né le TEAM POWER BIKE.



Quelles ont été des premières compétitions ?
J’ai couru d’abord en promosport 600 cm3 sur une YAMAHA R6. Avec un budget limité. En effet, vers la fin de ma carrière de professionnel de rugby à XIII, mes revenus ont fortement diminué m’obligeant à travailler dans ce magasin de moto le samedi pour commencer puis comme tout en chacun, chaque jour de semaine. Puis, suite au départ du propriétaire, j’ai acheté la concession avec mon associé Denis BUSQUET.



TEAM POWER 113Pourquoi as-tu toujours été fidèle à la marque YAMAHA ?
Pourquoi pas ?(David éclate de rire, un brin provocateur) Plus sérieusement, il me semble qu’auparavant, les professionnels étaient plus liés à une marque ou à un constructeur qu’aujourd’hui. Certains choisissaient KAWASAKI, HONDA ou SUZUKI par exemple. Moi, je me suis battu avec YAMAHA et je le suis et le serai toujours dans le cœur. Jusqu’au bout.



Quels sont tes meilleurs souvenirs de pilote ?
Sans conteste, le jour où nous nous sommes qualifiés pour le Bol d’Or. En 2001 ou 2002, je ne me souviens plus précisément de l’année. Nous avions fini 52 ou 53ème aux essais et de ce fait nous n’étions nullement assurés de pouvoir participer à la course. Puis, la bonne nouvelle est tombée et cela a été un soulagement pour l’équipe.

Nous avions atteints nos objectifs. Participer avant de finir cette épreuve mythique était notre objectif premier à cette époque. Pas si éloignée d’ailleurs ce qui est une preuve que notre team est aujourd’hui en pleine évolution. Ce bol d’Or a été ma première grande course d’endurance et mon premier grand souvenir. Mais le plus beau reste à venir !



Quelles sont les autres courses d’endurance que tu as courues ?
Nous avons participé à plusieurs 24 heures du Mans, à plusieurs Bol d’Or et aux 24 heures de Barcelone. Nous avons couru le championnat du monde et de France d’endurance. Toutes avec le TEAM POWER BIKE.



Cours-tu encore aujourd’hui ?
Non. J’ai arrêté ma carrière fin 2005.



Pourquoi ?
Ma maman était très malade et j’ai préféré être plus présent pour vivre avec elle ses moments-là. Ses derniers.



Quelle est précisément ta fonction au sein du team ?
De fonction réelle et bien définie, je n’en ai pas. Ce qui est par contre sûr aujourd’hui, c’est que Denis PROVENT en est le manager. C’est lui le grand stratège en course, à mes yeux et maintenant aux yeux de certaines grandes équipes. Quant à moi, je me qualifierais d’animateur de tous les postes. Je suis tout et rien.



Peux-tu préciser ?
Je ne suis pas un super technicien en mécanique, c’est Fabrice VANDERDONKT, gérant du Team MOTORACING 113 de Vitrolles qui détient ce rôle. Je ne suis pas non plus spécialiste du ravitaillement, cette fonction est dévolue à Fanfan et à Guigui qui eux sont très forts.

Dédé et Christian sont quant à eux responsables des pneumatiques. Je suis capable de tout faire mais à moitié. C’est pourquoi, je préfère être celui qui rassemble les énergies et les compétences de chaque membre du team et qui tente de les mettre au service du groupe, du collectif. Je suis celui qui motive sans vouloir pour autant être perçu comme le patron du team. Ma fonction est très floue et je ne souhaite pas m’en attribuer.



Quelles ont été néanmoins tes tâches pour préparer cette saison 2007 ?
J’ai rassemblé un budget et valider une équipe technique. C’est à dire réunir autour d’un projet tous les membres du team qui je le répète sont tous bénévoles et paient chacun une cotisation de 200 euros pour y adhérer. Cette participation nous aide à consolider le budget.

Ainsi que d’autres opérations comme la vente de calendriers par exemple. Je suis également chargé de construire une équipe de pilotes qui soient capables aujourd’hui d’aller devant. L’objectif est donc pour l’instant atteint et mes fonctions à venir seront de lier et de motiver tout ce monde et leur permettre ainsi de tendre vers un même objectif. Qui sera sans nul doute élevé cette année.



Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées pour démarcher des partenaires et monter ainsi ton budget ?
Effectivement, cette tâche m’est aussi dévolue et je tente de la remplir au cours de mon travail quotidien. Je gère la concession et c’est ainsi plus facile d’approcher des partenaires qui seraient intéressés de communiquer par le biais du team et de faire un bout de chemin avec nous.

L’argent, c’est le nerf de la guerre. Sans argent, on ne peut rien faire. Néanmoins, c’est un travail comme un autre. Au regard de ce que font les membres de l’équipe, de poser des congés pour participer aux courses qui seront autant de jours qu’ils ne passeront pas auprès de leur femme et de leurs enfants, au regard de leurs efforts financiers et du paiement de leur cotisation, au regard de leurs compétences diverses et de la qualité du travail rendu, je n’ai pas plus de mérite à réaliser ce travail.

C’est le mien, point barre. Le cuistot a le sien, le ravitailleur a le sien, les responsables des pneumatiques ont le leur, les chronométreurs également. Je suis un des maillons de la chaîne et si l’un manque, rien ne pourrait fonctionner.



Quel est le montant du budget du team pour cette année ?
Il nous faudra faire avec 85 000 euros.



Peux-tu nous décrire la nouvelle YAMAHA R1 qui va équiper le TEAM POWER BIKE 113 ?
C’est une moto qui a considérablement évolué par rapport à celle de l’année dernière. C’est un tout nouveau modèle. Nous allons donc participer en catégorie Superbike 1000 qui est la catégorie reine. La grosse évolution technique, ce sont les suspensions puisque nous allons profiter de la collaboration entre OHLINS et YAMAHA. Nous aurons des freins BREMBO.

Nous bénéficierons des pièces directement importées du Japon et nous préparerons et règlerons nous-mêmes la motorisation. Puis et c’est un gros avantage, notre manufacturier sera MICHELIN. Nous serons dans les paddocks les seuls à bénéficier du savoir-faire du plus grand manufacturier du monde.

D’un point de vue officiel s’entend. MICHELIN fera ce qu’il faut pour que le TEAM POWER 113 soit devant. Nous bénéficierons également des huiles MOTUL. Ce pétrolier continue à croire en nous ainsi que SHARK, IXON, FRANCE EQUIPEMENT et FINANCO. Sans oublier la ville de Narbonne. Et bien d’autres partenaires nous soutiennent. Je ne peux les citer tous mais notre site Internet les met en valeur. Venez le consulter et vous verrez : www.teampowerbike.com



Quelle différence existe t’il entre la nouvelle YAMAHA R1 et la précédente ?
Cette nouvelle R1 est mieux née que les versions précédentes comme les millésimes 2004, 2005 et 2006. Et ce déjà en configuration d’origine. Nous sommes, en ce début de réglage et lors des premiers essais, dans les temps des versions courses antérieures. C’est donc une moto qui devrait pouvoir réaliser avec celles qui équipent les teams de pointe.

La moto a évolué en partie cycle et en motorisation. Les pilotes semblent pouvoir bénéficier du maximum de la puissance-sol et peuvent exploiter au mieux le moteur. Celui-ci est plus coupleux. Si nous atteignons nos objectifs, la moto y sera vraiment pour quelque chose. C’est un véritable atout.



Comment as-tu choisi comme pilotes cette saison Fabrice AUGER, Cyril HUVIER et Patrick PIOT ?
Tout d’abord, je tiens à préciser que ce choix n’est pas le fait de ma seule volonté. La composition du team évolue chaque année. Certains membres ont été incorporés depuis deux ans seulement, d’autres sont avec moi depuis le début de cette aventure. J’ai donc validé ce choix mais seulement après en avoir discuté avec chacun d’entre eux. Dédé, Fred, Denis le manager, Fabrice et tous les autres ont été consultés mais en premier lieu ce choix a été effectué avec Fabrice. Je souhaitais une unanimité pour valider ce choix et je l’ai eue.



Quels ont été les critères retenus ?
Peut-être suis-je différent des autres responsables d’équipes mais le critère qui est à mes yeux essentiel est le pouvoir, j’insiste sur cette notion, de se transcender pour un groupe. Quand je sens qu’un pilote peut donner tout ce qu’il a pour le groupe, pour moi ce pilote, c’est le bon. Mon boulot est ensuite d’en tirer le maximum.



Comment as-tu appris à exploiter au mieux les capacités de chacun ?
Cela doit être un don naturel. Certes, j’ai toujours l’esprit rugby avec ses notions d’amitié et de solidarité. C’est surtout un comportement à manifester au quotidien. Ce qui font un bout de route avec moi me regardent, me jugent et j’espère m’apprécient. Je donne tout pour eux, pour le groupe et ils le voient. Si vous voyez au sein de l’équipe, un membre capable de tout donner et que vous avez une paire de c…., vous le faîtes aussi. Quand je suis à 200% la tête dans le guidon, il n’y en a pas un qui a envie de donner moins.



Quels sont les objectifs du team en endurance pour 2007 ?
Le premier d’entre eux est d’offrir une bonne place à YAMAHA lors des courses d’endurance. Peut-être pas la première mais une bonne place. Nous sommes fiers de représenter YAMAHA France. Notre rôle également sera de soutenir Christophe GUYOT et le team GMT 94 qui est plus aguerri pour ramener à la régulière un titre. Nos pilotes et le team devront trouver le bon équilibre entre se donner et s’économiser afin de pouvoir remplacer avantageusement le team GMT 94 en cas d’incident et de ne pas réduire à néant les efforts de YAMAHA France. Si il le faut, nous saurons nous démarquer.

D’autre part, Patrick PIOT est pilote réserve du team GMT 94. Si d’aventure il devait remplacer au pied levé un des pilotes de ce team, cela nous handicaperait, c’est sûr mais nous saurons nous adapter et trouver un autre pilote. Tout est prévu. Croyez-moi, je saurais rebondir. Il faut savoir accepter cette part de risque d’autant plus que financièrement nous ne pouvions pas engager Patrick avec notre seul budget. J’espère seulement que nos trois pilotes puissent courir pour le team et seront au départ à 15 H au Mans le samedi 21 avril prochain.



Et concernant le Championnat de France Superbike 1000 de Vitesse ?
Patrick PIOT qui participe au championnat sera soutenu par le magasin POWER BIKE et il a tenu vraiment à porter les couleurs du team. En partenariat avec Fabrice et le team MOTORACING 113. Néanmoins, la passion de la moto et de la compétition qui nous unit avec Fabrice fait que nos deux magasins vont aider Patrick et ce d’autant plus qu’il peut jouer le titre cette année.



Quelles sont tes craintes en endurance pour 2007 ?
Je n’en n’ai pas. Nous n’avons pas réellement de pression et nous n’avons rien à perdre. Le moindre petit résultat sera bon pour nous. Peut-être vivrons-nous des déceptions ? Ou des euphories ?

Non, je n’ai pas de crainte et aujourd’hui, il me semble que nous sommes tous conscients de ce que l’on peut vivre et partager ensemble. Des résultats que l’on peut atteindre. Nous travaillons dans l’ombre et nous sommes tous prêts à nous investir. Je sentais les gars plus volatils les années précédentes. Cette année, ils se sentent tous concernés. Ils ont plus envie parce qu’il y a au bout quelque chose à aller chercher. Et cela fait plaisir.



Que peut apporter chaque pilote ? Comment les définirais-tu ?
Patrick PIOT doit jouer le rôle de leader. Les autres pilotes en sont conscients. C’est lui qui va nous tirer vers le haut. Il porte pour moi le costume du guerrier. Du guerrier fougueux. Avec lui, ça passe ou ça casse. Mais il a acquis une certaine maturité. Certains, dans les paddocks parlent de Patrick comme un pilote qui tombe mais ils oublient qu’en 2004, il est tombé une fois dans la saison et qu’il a remporté le titre. Les gens oublient vite. Je crois en lui et le team s’investit pour lui. C’est vraiment le solide guerrier qui a un gros mental et si un jour je devais le combattre, je m’y préparerais intensément.

Fabrice AUGER, c’est mon petit. C’est mon protégé. C’est un garçon plein de bonne volonté, plein d’engouement. Il dégage cet esprit de groupe. Il est disponible mais il sait aussi se transcender avant une course. De gentil garçon, il devient un « tueur ». Autant Patrick peut être assimilé à un taureau, autant Fabrice est un caméléon.

Cyril HUVIER, quant à lui, c’est la sagesse. Il me semble un peu plus fragile mais il dégage aussi cette impression de sérénité. Avant les courses seulement parce que quand il enfourche une moto, il se transcende à 200 ou à 300 %. Comme Fabrice. Cyril, c’est la sérénité et la maturité.
Tous les trois sont différents mais je les apprécie tous de la même façon.



Quel sera l’avenir du TEAM POWER BIKE lors des années à venir ?
Si nous devons refaire deux fois la même chose, nous ne le referons pas. Ce n’est pas notre façon de fonctionner. La corde que nous avons tendue, d’une manière verticale, doit nous permettre d’évoluer. L’azimut est bien clair. Nous avons franchi un cap cette année et nous ferons tout pour en franchir un de plus l’année prochaine.

Le jour où je verrais que nous ne pouvons plus progresser, nous nous remettrons en question et nous arrêterons peut-être. Aujourd’hui, nous sommes déterminés à combattre tous nos adversaires, même les plus huppés.

Nous courrons pour une victoire cette année ou plus tard. Pas trop tard non plus. Les objectifs sont très clairs dans ma tête. Tout ce que j’ai fait, ce n’est pas seulement pour paraître ou pour participer. C’est pour gagner. Je veux absolument gagner un jour les 24 heures du Mans ou le Bol d’Or et je ferais tout pour y arriver.



Quel regard portes-tu sur le milieu de la moto ?
C’est un milieu qui souffre. D’un point de vue économique. Et existentiel. Ce matin encore, j’étais au téléphone avec un ami, manager de FREE BIKE, qui hésite à repartir.

Il est basé à Mulhouse et n’a pas pu trouvé à ce jour tous les partenaires lui permettant de finaliser son budget. Il doit donner sa réponse au plus tôt. Elle pourrait être négative et pourtant jusqu’à maintenant, c’était un gros team YAMAHA qui a fait de nombreux podiums. Cela devient de plus en plus difficile. Est-ce la conjoncture économique actuelle ? Je ne suis pas loin de le penser.

D’un point de vue professionnel, beaucoup de concessions éprouvent de nouvelles difficultés pour vivre. Nous vendons avec la moto du rêve et du loisir. Pour moi, c’est moins facile qu’avant mais nous arrivons à nous en sortir. Le team est le reflet de ce que moi j’aspire .Il conforte les gens dans l’image du professionnalisme que nous véhiculons au quotidien.

Les gens sont fiers des résultats que nous pouvons avoir et du travail que nous faisons. Il y a également des jaloux. Néanmoins, mon équipe qui travaille au magasin est toute aussi professionnelle que celle qui agit et se bat en compétition .Par contre, l’image du team n’agit pas sur l’évolution et la progression des ventes de moto réalisées par le magasin. Le penser serait une erreur de stratégie économique.



Pour finir, quels sont, à titre personnel, des projets sportifs dans les années ou mois à venir ?
J’ai envie de me faire plaisir sur un rallye-raid, sur le Dakar plus précisément. Cette envie me trotte dans la tête depuis quelques années.

En ce moment, je n’y pense pas et je reste concentré sur les objectifs du team et leur réalisation. Fin septembre, avec mon ami David FRETIGNE, qui est déjà au courant, qui sait que je vais m’engager, qui commence à préparer ce nouveau défi, je me consacrerais sans retenue pour participer au Dakar 2008. Mais avant de partir, il me faudra l’autorisation de ma grand-mère qui pour l’instant s’y refuse. C’est une vraie tête de mule (je sais de qui je tiens). L’esprit famille sans aucun doute.



Propos recueillis par Frantz Delagrange



Mis en ligne le 03/03/2007 : par Webteam