A peine une semaine après être revenus de Suzuka, l'équipe ABG Performance et moi-même sommes repartis pour un circuit, en l'occurrence celui d'Oschersleben, à une centaine de kilomètres de Berlin.Premiers tours de roues le mercredi, pour les essais libres. Nous avons un programme assez chargé, puisque nous devons revoir les réglages de la moto (les pneus ne provenant plus de chez le même manufacturier que l'an dernier) et également valider un choix de pneus pour la course. Je retrouve rapidement des sensations et des chronos intéressants, tout en réglant la moto. Toutefois, nous devons faire face à un problème de taille : la suspension arrière de la moto a cassé dans la journée et nous devons la remplacer.
Jeudi, première séance de qualifications. La moto est bien réglée et je suis à l'aise à son guidon. Seulement, des problèmes de freins apparaissent et je ne peux faire que 9 tours. Mais, durant ces quelques tours, je réussis à accrocher un temps de 1'33''0, ce qui me vaut la 12ème place de la séance au général et la première en catégorie Superstock.
Les essais de nuit on lieu le soir même. Je pars avec la moto, mais je n'ai pas le temps de boucler le deuxième tour que, en entrant dans une courbe à gauche, la roue arrière de la moto glisse et raccroche violemment. Je suis alors catapulté et retombe lourdement sur le sol. Je suis secoué, mais le plus gros problème est que je ne sais pas du tout pourquoi je suis tombé ! Une fois la moto revenue au stand, les mécaniciens constatent qu'il y a de l'huile dans les carénages et sur la roue arrière... le lien est rapidement fait : c'est la deuxième suspension qui fuit à son tours. Nous repartons avec la moto de réserve pour terminer les essais de nuit, pendant que les mécaniciens commencent les réparations sur la moto n°1, qui a beaucoup souffert.
Vendredi, après que l'équipe ait passé la nuit à réparer la machine, nous pouvons repartir avec pour la deuxième séance de qualifications. Malheureusement, les quelques gouttes de pluie qui tombent nous empêchent d'améliorer notre meilleur temps au tour. Nous avons donc finalement la 30ème place sur la grille de départ, avec un chrono moyen de 1'34''8 (c'est la moyenne des trois temps qui détermine la position).
Samedi, 15h00. La piste est humide, et c'est Franck qui s'est senti le plus à l'aise pour prendre le départ dans ces conditions particulières. Il gagne des places dès les premiers virages, et durant tout son relai. Lorsqu'il rentre aux stands, la piste a séché et la machine n° 134 pointe 22ème. C'est alors à mon tour de prendre le guidon. Je vais connaitre une grosse heure sans encombre avant de laisser Christophe repartir. Tout va alors bien se dérouler jusqu'au deuxième relai de Franck. Nous sommes 16èmes, et 2èmes en catégorie Superstock alors qu'il ne lui reste que quelques tours à parcourir avant de rentrer aux stands. Seulement, des gouttes de pluie commencent à tomber sur une partie du circuit. Il tente le pari de rentrer immédiatement pour passer des pneus pluie avant que je reparte. Mais la pluie ne va pas s'intensifier et elle va même s'arrêter ; les pneus pluie se détruisent alors très vite et ne sont plus efficaces. Je dois donc repasser au box pour remettre des pneus pour piste sèche.
Il fallait tenter le coup : parfois on joue et on gagne, parfois on joue et on perd. Cette fois nous avons perdu.
Nous retombons alors autour de la 22ème place au général, et de la 3 ou 4ème en Superstock. Toutefois, tout rentre dans l'ordre et nous tâchons de remonter au classement. Les choses vont alors bien se passer jusqu'à la fin du deuxième relai nocturne de Franck. Lorsqu'il rentre, vers 5h00, il me signale que la moto renvoie d'importantes secousses, et qu'il est très difficile de rouler vite. Je pars, mais je ne boucle pas le premier tour : je rentre directement au stand, quelque chose ne va vraiment pas sur la machine, et il faut trouver ce que c'est.
Les mécaniciens vont alors chercher au niveau de la fourche. Ils changent des pièces une à une, et je repars entre chaque modification pour tester la réaction de la moto. Colonne de direction, tubes, tés de fourche... rien n'y fait, toujours ces étranges sursauts. Après 1h30 d'essais, l'un d'eux finis par trouver : l'amortisseur arrière fuit. C'est le troisième de la semaine à avoir des problèmes, et c'est surtout le dernier en stock... Heureusement, l'équipe a maintenant une bonne expérience dans le monde de l'endurance et, par conséquent, un certain nombre de connaissances. Ainsi, une équipe italienne a bien voulu nous prêter un amortisseur. Nous voilà donc repartis, après 2h d'arrêt. L'objectif est désormais de rejoindre l'arrivée. Nous allons désormais connaitre des relais sans encombre. La grande difficulté étant seulement de tenir un rythme, sans gros objectif à aller chercher. Nous passons donc le drapeau à damier dimanche à 15h00, à une symbolique 7ème place en catégorie et 30ème au classement scratch. Tout le monde est bien entendu déçu du résultat, mais nous nous devions de finir, pour tous les efforts faits par l'ensemble de l'équipe.
Personnellement, je tire finalement un bilan positif de cette course : j'ai acquis une nouvelle expérience dans les courses de 24 heures, en réalisant de bons temps. Toutefois, j'aurais bien sûr été content de revenir d'Oschersleben avec une place sur le podium Superstock, voire même sur la première marche, car c'était à notre portée. Mais la mécanique en a décidé autrement.
Revanche au Bol d'Or, les 15 et 16 septembre sur le circuit de Nevers – Magny-Cours ? En tous cas j'y serai, toujours avec la sympathique équipe ABG Performance et avec des suspensions retravaillées, pour tenter de la prendre. Je vous tiendrai bien entendu informés du déroulement de cette épreuve à mon retour.
Manu DebrayMis en ligne le 12/09/2007 : par Ducat53