Et oui, j’aime beaucoup cette épreuve : c’est une véritable fête de la moto, sans débordement (malgré la bière qui coule à flot… !!), et en plein mois d’août. Une épreuve de 24 heures mais dans une ambiance plus décontractée que les grandes épreuves françaises.La course et les résultats, vous les connaissez déjà. Alors, comme d’habitude, voici donc mes 24 heures à moi…
LA PREPARATIONBon, une épreuve en plein mois août, c’est peut être sympa, mais pas forcement pratique a organiser quand on est en vacances avec la petite famille…
Heureusement, chez d’ANTIN, tout est structuré comme en motoGP : un « coordinateur », parlant anglais, s’occupe de tout. Il m’a donc suffit de dire que j’étais, à cette date, en vacances au fin fond de l’Espagne, et je reçois par porteur mon billet d’avion et ma résa de voiture de location…
La première étape est donc de partir en vacances avec tout le matériel pour l’épreuve. Surtout, ne rien oublier, car je pars à 1500 Km …
L’ARRIVEEVendredi 10 août : lever 5 heures du mat. Dur. Mais l’avion décolle de Malaga à 6h30. Sur la route de l’aéroport, mon regard croise une enseigne qui donne la température : 26°…
Atterrissage à Munich : 11°… le choc ! heureusement, le vol a été magnifique : suivi de la cote espagnole, survol de la méditerranée puis de la cote d’azur, des lacs du nord de l’Italie, des alpes…puis des nuages !
Le vol suivant qui me mènera à LEIPZIG aura 1h30 de retard. Prise en main de la corsa de loc, du GPS, et roule jusqu’au circuit.
Il faut savoir que cette partie de l’Allemagne faisait partie de l’ex Allemagne de l’est. Et depuis que je me rends sur cette épreuve, je mesure chaque année les progrès accomplis par cette région. Et cette année, c’est impressionnant : des éoliennes à perte de vue, de nouvelles usines côtoient les ruines des anciennes, les autoroutes s’élargissent, les voitures sont plus récentes,… et toujours ces portions d’autoroutes SANS LIMITATION DE VITESSE : le pied quand on a plus que 4 points sur son permis… !!
Arrivée sur le circuit : le temps et lourd et pluvieux. Retrouvaille avec l’équipe : on commence à mieux se connaître, c’est plus chaleureux. J’installe mes affaires à l’avant de la remorque du truck : l’endroit est très bien aménagé (c’est même climatisé !). les mécanos remontent la machine pour la course, Luis d’Antin cours toujours à droite et à gauche, je fait connaissance des 2 nouveaux pilotes. En plus de IVAN SILVA que je connais déjà, il y a en effet JORDI ALMEDA et VICTOR CASAS, des personnalités bien différentes…Si les 2 sont très sympas, JORDI est réservé et simple alors que VICTOR est plus exubérant. L’arrière de sa combine est marqué d’un « THE VICTOR » du même lettrage que « THE DOCTOR » d’un certain Valentino… !!!
Ils ne sont pas trop satisfaits de leur position sur la grille (cinquièmes quand même…) mais ont effectué énormément d’essais de pneus (Pirelli alors qu’en championnat d’Espagne ils roules Michelin) et de pièces : la moto est en effet maintenant complètement équipé « endurance ».
Coup d’œil à la grille de départ : la kawa France en pole (Gwen a fait le temps), suivi de la suz n°1 (là c’est Vincent Philippe), de la yam Autriche (Igor JERMAN), de la 38 (bravo les petits gars !). Nous sommes donc cinquièmes, suivi par la bollinger et phase one.
Le reste de l’après midi me permet de découvrir les parcs des courses annexes, nombreuses (8 !!), et le reste du plateau. je croise avec bonheur tous les français (et autres) du championnat. Une rencontre me fera particulièrement plaisir : celle de Bertrand SEBILEAU, accompagnant un team de copains : « les pistons flingueurs ». Beaucoup d’émotion : il est toujours le même passionné, et je n’oublie pas que c’est sur cette épreuve que je l’avait eu comme pilote pour le team 22, avant son terrible accident. On avait refait le monde devant une bière…
Bon, il est tard. Les mécanos ont fini, les simulations de ravitaillement sont concluantes (ils progressent vite les bougres) : l’heure du dodo on se suit pour rejoindre l’hôtel : 15 minutes de route, et je pénètre dans ma chambre-pour-moi-tout-seul : lit géant, salle de bain luxueuse, salon, bureau, mini bar…. Ha ben oui : c’est un 4 étoiles… !!!
LA COURSECe matin, on se lève tôt : le warm up est vers 9 heures…
Ce dernier se passe bien, nous oscillons entre le premier et troisième temps… Le reste de la matinée est consacré à la préparation des pilotes. Repas tôt (vers midi) avec les 2 premiers pilotes.
La procédure de départ arrive très vite. Mes rations de récupération sont prêtes, les strapping aussi. Je strappe les mains d’Ivan, et je prépare mon « nécessaire de départ » pendant qu’il se concentre.
Le feu de la Pit lane passe au vert : Ivan enfourche la moto et sort des stands. J’accompagne les mécanos sur la grille. Ils emportent un groupe électrogène pour alimenter les couvertures chauffantes, des trains de pneus (le temps est menaçant…), les béquilles. Pour moi, ce sera : bouteille et nécessaire pour nettoyer la visière si besoin.
Sur la grille, je fais mon petit tour rapidement, afin de souhaiter bonne chance aux copains.
Le panneau « évacuation de la piste » est passé : je file à l’opposé de la moto, monte sur le muret avec les photographes. C’est parti pour une répétition du départ et pour 2 tours de chauffe.
Les motos reviennent et se replacent en épi. Ivan me fait signe que tout va bien, il n’a besoin de rien.
Le départ sera toujours un grand moment pour moi. La tension monte, les pilotes se mettent tous a courir, puis le bruit assourdissant de toutes les motos démarrant en même temps fait vibrer la piste. Magique !
Le début de la course sera un peu particulier : le temps étant incertain, tout le monde fait son pari et ne pars pas avec les même pneus. Les vieux renard (kawa, suz,…) partiront en intermédiaires. Nous serons en pluies. Mauvaise pioche : la piste sèche, et Ivan rétrograde de la cinquième place à la dixième… arrêt au stand pour changer pneus et settings. Idem pour la 38. Nous repartons un peu loin…
16h. : ils sont déjà remontés à la cinquième place… surprise : c’est la 112 qui est en tête, suivi par la 1. La 11 est juste devant nous, cinquième
17h. : alors que nous étions maintenant quatrième, Victor se fait sortir par un attardé. Le métier rentre…
Une deuxième remontée commence …
19h. : chute de la 11
20h. : encore un pace car. A chaque événement, D’ANTIN se jette sur son ordi et gamberge…
23h30 :alors que nos voisins de stand, ZONE ROUGE ont abandonné, VICTOR rentre au stand pour ravitailler, mais fait de grands signes en montrant sa poignée de gaz. En fait, il a « croisé les skis » et s’en est mis une autre… les mécanos seront très rapides, et c’est JORDI qui repartira. Heureusement, pas de gros bobos pour Victor. Nous restons 23 iémes. Là, LUIS D’ANTIN vient voir Victor, et explique gentiment qu’il faut maintenant être prudent et régulier. Si ils maintiennent leurs chronos, le podium est envisageable.
Minuit : superbe feu d’artifice !
0h20 : j’ai un peu de temps, alors je passe voir les copains/copines du team MOTOVIRUS. Leur derrick a lâché lors d’un ravitaillement… heureusement, pas de feu ni de blessé !
Il y a encore beaucoup de monde dans le paddock. Certains commencent a être «bien chargés », mais les allemands supportent bien l’alcool : on ne se sent pas « en danger ».
0h40 : je rentre au stand pour le ravitaillement : le métier rentre puisqu’il sera exemplaire ! En plus, Jordi a fait un super relais, et il laisse la moto à Victor en 19iéme position . La 38 est toujours 4, et le flat BMW 7 !!
1h45 : « THE VICTOR » s’en remet une … cette fois ci en mordant un vibreur. La moto est bien endommagée, mais elle sera remise en état et repartira. Le podium semble s’éloigner cette fois ci pour de bon…
3h. : ABANDON, boite coincée.
5h. : arrivé dans mon palace, je trouve le sommeil en espérant qu’à mon réveil, les copains tournerons toujours…
DIMANCHEJe reviens sur le circuit vers 11h30. Je fais un tour aux abords du circuit. Le flat BMW est impressionnant : il se jette dans le gauche après la ligne droite des stands plus fort que la majorité des autres…
Je discute avec ceux encore dans la course : FRED JOND, Anne Sophie (leur kinette !) et tous les autres.
Repas à l’hospitality avec l’équipe, puis je me résigne à ranger mes affaires.
C’est l’arrivée : on félicite les « survivants », et on console les autres. Je traîne dans le paddock et me dis, qu’à voir l’état des motos, les bénévoles sont vraiment motivés. Ils n’ont effectivement pas beaucoup de temps avant les essais pré bol pour tout remettre à neuf…
Je bois un coup à droite et à gauche, me pose 10 minutes avec Erwan NIGON, Hugo MARCHANT et Matt LAGRIVE, puis c’est la remise des prix.
Fin d’après midi, retour à l’hôtel, douche, et sortie en ville avec l’équipe pour un petit resto. Bonne ambiance, et accompagné par 9 espagnols, on avait l’impression qu’on était 40… !!
LE RETOURLundi matin, après le petit déj., je reprends la route vers aéroport Ils me tarde maintenant de rejoindre ma petite famille pour le début des vraies vacances.
Il fait beau et chaud.
Premier avion jusqu'à francfort, puis suivant attrapé de justesse à destination de Malaga.
Le survol de la France est très nuageux … doit pas faire très beau la dessous…
Le pilote annonce le survol de Toulouse : ça fait drôle d’avoir fait tous ces kilomètres et de se retrouver au dessus de chez soi !
Heureusement, le temps s’éclaircit après Madrid, et à mon arrivé, je retrouve les 35° que j’avais quitté 4 jours plus tôt !!
SOUVENIRS…Ben voilà, une de plus de finie. Que reste il de cette épreuve ?
Cette épreuve est une véritable fête de la moto : les gammes buell, yamaha (avec la présence du truck du mondial supersport), KTM et ducati étaient à l’essai. Les spectateurs étaient d’ailleurs très nombreux (parkings saturés !).
Des courses annexes aussi nombreuses qu’intéressantes : beaucoup «d’ anciennes » avec leurs champions, une « KTM cup » qui fait des envieux, une manche du championnat d’Europe féminin, du supermotard, etc.…etc.…
Beaucoup d’importateurs ou de concessionnaires présents dans la course, avec des motos étonnantes : des « BI » avec : MZ, BMW, KTM et même HARLEY. Des « TRI » avec des daytonas 675, des « 4 pattes » avec des BMW K1200S. Toutes ces motos, pas forcement prévues pour de la piste, étaient extrêmement bien préparées.
L’ambiance : très « teutonne », c’est une vraie fête mêlant tradition (orchestres, bière et saucisses !) et modernité : cette année, beaucoup plus de « marketing » autour de cette épreuve avec la présence de grands marques (coco cola,…), un encadrement parlant enfin un peu anglais.
Le Qatar Endurance Racing Team, qui me devient un peu plus familier. Le professionnalisme mais sans prise de tête. Je mesure mon chemin parcouru depuis 12 ans dans ce milieu, et si je suis content de moi, mes plus beaux souvenirs sont quand même les teams de « copains », où nous étions une grande famille, et ou chaque fait de course bouleversait presque la vie de tous tant l’implication était grande. Des moments qu’il me faudra revivre !
L’impression bizarre d’avoir traversé l’Europe en 1 semaine : descente en voiture en Andalousie, remontée en Allemagne en avion via la France, l’Italie et la suisse, puis retour « en bas à gauche » sur la carte !!
Je ne peux donc que vous encourager a vous déplacer sur ces épreuves : il n’y a pas que Le Mans et Le Bol dans la vie !!
A très bientôt pour la suite du championnat vu par les yeux d’un kiné !!
Patrick JoudMis en ligne le 03/09/2007 : par Ducat53