Le Bol d'Or De Manu Debray Avec Abg Performance
15 & 16 septembre 2007 - Bol d'Or

Le Bol d'Or de Manu Debray avec ABG Performance

Manu Debray - Photo : Pascal BléjeanC'est de retour du Bol d'Or 2007, qui se courrait ce weekend sur le circuit de Nevers - Magny-Cours, que je vous écris afin de vous informer du déroulement de cette épreuve. J'étais engagé, comme pour les deux dernières courses du Championnat du Monde d'Endurance, avec l'équipe ABG Performance.

Pour les premiers essais libres, mercredi, nous rencontrons de gros problèmes de réglages de suspensions. Il faut dire que nous ne sommes pas aidés par le pilote de remplacement, Yann Cancade, qui s'obstine à vouloir faire rouler la moto de réserve avec son amortisseur personnel, alors que nous savons bien que nous ne l'utiliserons pas pour la course.

Nous n'avons donc qu'une machine à notre disposition. A la fin de la journée, nous l'avons faite progresser, mais il y a encore beaucoup de travail : la moto n'est pas efficace, nous avons du mal à lui trouver de la motricité.

Jeudi, pour la première séance de qualifications, nous allons donc tenter de sauver les meubles. Mes coéquipiers ont amélioré leur chrono de la veille, je me dois de faire de même. Après quelques tours, c'est ce que je parviens à faire : je descends mes temps de 2,5 secondes, pour arriver en 1'48''2, ce qui me vaut la 32ème place de ma série. Mais la moto n'est toujours pas au top. Dans la soirée, nous utilisons les essais de nuit comme une séance d'essais à part entière, afin de continuer à faire évoluer la machine.

Vendredi, lors de la deuxième qualif, mes deux coéquipiers continuent leur progression : Franck Gaziello est en 1'49''8 et Christophe Alluard en 1'48''5. De mon côté, je n'améliore pas, mais j'essaie de rendre la moto moins fatigante pour la course. Nous obtenons la 52ème position sur la grille de départ, avec un chrono moyen de 1'48''8.

Au warm'up, nous finalisons les réglages. Avec le plein d'essence (chose que nous n'avions pas pu essayer avant), la moto se comporte bien. En fait, le poids supplémentaire la bascule davantage sur l'avant, et elle est facile à emmener.

Samedi, 15h00. Franck s'élance vers la moto. Il va tenir son rang durant tout son relai et, lorsqu'il s'arrête, je suis prêt à repartir. Je vais alors passer un relai à m'amuser comme un petit fou sur la moto : j'ai en point de mire deux Kawasaki rapides en bagarre, et je les suis pour me tenir sur un bon rythme. Nous voilà déjà aussi vite qu'en qualifs !

Les deux pilotes qui me précèdent ne cessent de se dépasser, eux aussi doivent rigoler sous leur casque. A la moitié du relai, nous revenons sur un groupe plus lent. L'un des « kawasakistes » s'en sort mieux au milieu de ce flot de retardataires et il nous détache un peu. De mon côté, je double l'autre au passage et je termine mon relai esseulé. J'ai gagné 10 places en une heure, je suis ravi. Quelques péripéties vont nous faire perdre un peu de temps au stand avant mon relai suivant, vers 20h.

Je pars en pneus neufs, je vais pouvoir enchaîner les tours rapides. Et c'est ce que je réussis à faire directement. Je signe au passage un temps de 1'47''8, le meilleur avec cette moto depuis le début de la semaine. Je passe un relai sans encombre, en restant constant sous la barre des 1'48''5.

Seulement, juste après avoir repassé le guidon à Christophe, je m'aperçois qu'il y a de l'huile sur ma botte. L'équipe arrête immédiatement le pilote et trouve la panne rapidement, mais nous perdons tout de même un ou deux tours dans l'histoire.

Mes deux coéquipiers ne vont plus connaître de problème avant que je ne reprenne la moto, pour mon premier relai de nuit. Au total, trois passages nocturnes m'attendent. Je vais les enchainer en prenant énormément de plaisir au guidon de la machine. Je suis des motos bien plus performantes et j'arrive à signer, autour de 5h30 le dimanche matin, un temps de 1'47''3 au tour ! Le meilleur chrono de la moto réalisé de nuit, je suis ravi ! A 6h, je laisse de nouveau la machine à Christophe.

Seulement, quelques tours plus tard, il se retrouve au ralenti sur la piste... il rentre alors au stand aussi vite que possible et les mécaniciens s'affèrent pour trouver la panne. Ils recensent rapidement le problème : une soupape moteur a cassé. Avec beaucoup de persévérance, ils se lancent alors dans le remplacement de la culasse !

Ainsi, à 9h30, la moto repart du box. Nous avons bien sûr perdu tout espoir de bien terminer, et le seul objectif est désormais de finir. A 15h, Franck passe la ligne d'arrivée et nous terminons à la 30ème place, classement symbolique.

Mon sentiment au retour de cette épreuve est partagé : déception, car une place dans les 15 au général et dans les 4 en Superstock était à notre portée, et satisfaction d'avoir fini mon premier Bol d'Or et d'avoir réalisé de très bons chronos durant la course, notamment de nuit.

La saison est pour moi terminée, car je ne pourrai me rendre au Qatar en novembre, où se déroulera la dernière course de l'année. Je vais donc déjà commencer ma préparation en vue de la saison 2008, en espérant obtenir le budget qui me permettra de m'aligner en Championnat du Monde d'Endurance, si je trouve une équipe, et en Championnat de France à titre individuel.

Je vous informerai bien entendu des différents événements qui ponctueront ma préparation et ma recherche de partenaires pour 2008.

Manu Debray



Mis en ligne le 26/09/2007 : par Ducat53