| L'apprentissage Continue . |
| Hervé Gantner en Endurance |
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L'endurance étant un sport très mal connu, je vais commencer par une rapide introduction. Le mondial d'endurance se joue sur 7 courses et sur des distances variées.
Il y a des courses de 24 heures, de 8 heures, 1000 km ou encore 500 km. Les équipes doivent aligner 3 pilotes pour les plus longues courses et ont le choix entre 2 et 3 pilotes pour les plus courtes. Le but est bien sûr d'arriver au bout sans avoir changé de moteur ni de châssis, tout le reste peut-être remplacé en cas de casse. Les motos d'endurance ont des réservoirs plus grands, qui peuvent en général contenir 24 litres afin de rallonger le temps lors des relais, ces derniers durant entre 45 et 60 minutes selon la piste. Il y a plusieurs catégories, Superbike, Superproduction, Stocksport et Open. Le classement « scratch » désigne l'ensemble des catégories mais à la fin de chaque séance, un classement par catégorie est fait. Le matin du départ, les teams doivent annoncer leur 3 pilotes pour la course, à noter qu'un pilote qui s'est qualifié dans un autre team pour changer d'équipe pour la course s'il le veut. Tout le monde a compris ?? Alors l'histoire peut commencer ! Mardi soir, départ pour Oschersleben, 1000 km de route à faire tout seul, mais qu'importe, j'ai hâte de faire de la moto et j'ai plein de CD's à écouter ! Mercredi après-midi, me voilà enfin arrivé sur place, déjà des motos tournent, et alors que j'arrive dans le box, le team roule aussi ! Mais ?!??! « On savait pas qu'on pouvait rouler aujourd'hui, mais si tu veux essayer la moto, il reste 30 minutes ! » Cool, je viens de me taper 1000 bornes, j'ai mal dormi, mais je fais semblant de me réjouir, je file troquer mon tongues et mon short à fleurs contres des bottes de moto et un cuir de kangourou. J'ai le temps de faire que 6 tours, mais quand je reviens au box j'ai déjà roulé plus vite que ne l'avait fait le team l'an passé. Jeudi matin, les essais commencent et tout de suite, la moto connaît des problèmes de frein. On perd 2 heures à essayer de trouver des solutions, on retourne en piste, on se fait peur et on revient. Ces 2 heures vont coûter cher. La séance d'après, c'est les chronos ! Je vais en piste avec une moto moyennement réglée car le team a une manière un peu spéciale de travailler, mais le comportement général est satisfaisant et je n'ai plus de problème avec les pneus Dunlop. J'obtiens un temps correct qui nous classe dans le haut du tableau et à la pointe de notre catégorie. Le soir, alors que les essais de nuit commencent, le team est encore entrain de monter les phares ! On vient de perdre 15 minutes à attendre dans les stands ! Mais bon, je pars en piste, il fait frais, la moto marche mieux que le jour et les impressions de nuit sont vraiment cool ! Le circuit n'est que partiellement éclairé et je m'amuse bien. On entre dans un triple gauche a plus de 150 km/h avec pour seuls repères des catadioptres implantés à l'intérieur du premier virage et je m'amuse comme un gamin jusqu'au moment où je décide de rentrer en travers dans un petit virage à gauche, pour m'amuser et pour amuser le public sauf que logiquement, les phares éclairant droit devant, quand la moto est en travers, les phares n'éclairent plus la piste et j'ai donc un peu loupé le virage, utilisant les derniers centimètres de la piste tout à l'extérieur, ce qui au finalement m'a bien fait rire, mais un peu moins la team manager quand je lui ai raconté en revenant au box. Mais jusqu'ici tout va bien ! On a fait le premier temps de nuit sans forcer, je me réjouis de la course. Le vendredi, pas beaucoup de roulage, juste une demi-heure de chronos, je pars en pneus usés pour quelques tours. L'équipe a modifié la moto selon mes demandes, mais beaucoup plus que je ne le croyais ! J'arrive au stand et demande un pneu arrière neuf puisque l'autre n'a aucune adhérence, après 3 tours, je reviens changer ce pneu car toujours pas de grip ! On me met un pneu très tendre pour améliorer les chronos, et toujours pas de grip ! Certes, glisser sans arrêt sur tout le tour s'est marrant, mais pour essayer de faire un bon temps ça le fait moins ! Je reviens au stand assez déçu de mon temps (8 dixièmes plus vite que la veille !) et je demande qu'on me dise exactement ce que le team a changé sur la moto. et la je comprends.. En résumé, j'ai demandé a relevé le train arrière d'environ 0.5 mm pour avoir une moto plus maniable, et le team a relevé la moto de. 3 mm ! Original. Mais ce n'est pas la mort, on re-modifie les réglages pour la qualif du 2ème pilote comme je le voulais, et il améliore son temps d'une seconde pleine en quelques tours, finalement, j'avais vu juste, je suis soulagé. Voilà, plus qu'à attendre demain ! A midi on me dit qu'il faut que je me repose un maximum avant demain. OK ! Ça c'est le truc que je sais le mieux faire je devrais y arriver ! Samedi matin, jour de course. Pour le warm-up, un 3ème pilote nous a rejoins, il s'agît de Thomas Hintereiter. Un pilote très connu en endurance qui avait déjà roulé avec notre moto mercredi. C'est le genre de truc qui remet en place direct, Thomas a 39 ans, il est petit et doit faire 15 kilos de plus que moi, mais pas en muscle. mais il monte sur la moto et le matin il me colle une seconde avec une moto qui pour moi, est impossible à faire tourner. Il faut dire que la moto est passablement lourde, et vu la carrure du gars, il arrive mieux à la faire réagir que moi. Mais le gars est sympa, souriant, et nous fait partager son expérience de l'endurance et c'est un très gros atout pour le team ! 15 heures, enfin le départ ! Nous partons seulement 18ème, Hintereiter prend le départ et remonte, remonte et remonte encore ! Une bonne ambiance est dans le box. Le vieux est rapide et ce même après 45 minutes, je suis impressionné, tout simplement. Sur la fin du relais, il roule aussi vite que les motos de pointe. Il rentre au box pour le premier ravitaillement, nous sommes 5ème et premier dans notre classe avec 50 secondes d'avance ! Cette fois c'est sûr, on ne joue pas le podium, on joue la victoire. A peine le temps de me dire ça que Jaro, le 2ème pilote rentre au stand. Merde, ça recommence ? Non ?? Et oui ! En résumé, après de multiples problèmes, nous abandonnons à 2 heures du matin.. Pour ceux qui sont en vacances, voici la fin du récit : Jaro revient au stand, puis repars. Pas de panique, nous avons encore 22 heures 30 de course ! Je pars pour mon premier relais, nous sommes déjà revenu 25ème. 2 heures après, Jaro revient de nouveau avant la fin du relais, quelque chose ne va pas, l'équipe rentre la moto dans le box et change le bras oscillant en 29 minutes. Là, j'ai vu la rage, la détermination et la détresse que Maco, le patron du team met dans le travail. J'ai trouvé ce moment génial, humainement magnifique, je le voyais transpirer et donner le meilleur de lui-même alors que je sais que pour lui, être mécano et non plus pilote est très dur. La réparation est finie, on a perdu une demi-heure, la team manager est en détresse. Maintenant pas le choix, on a 20 tours de retard sur le podium, on va cravacher pendant les 18 heures restantes ! Mon premier relais de nuit se passe bien, personne ne m'a dépassé, nous avons le rythme. Nous remontons sans arrêt. Arrive mon 2ème relais de nuit, encore un souci sur la moto, je repars en pneu froid et le team me dit d'y aller cool pendant 3 tours, mais moi je ne veux pas y aller cool, je veux gagner. Je fais un tour cool, un 2ème gentil et ensuite à bloc, sauf que 3 virages après, dans une ligne droite, j'entends un bruit immense, le moteur tourne à fond, mais pas la roue arrière ! Je m'énerve même pas ! Je suis à l'opposé du circuit, je dois faire 2 km en poussant la moto, avec le plein d'essence, elle pèse 205 kilos ! Même pas le temps de me demander ce que je fais là, les commissaires commencent à pousser, ils n'ont pas le droit, mais j'ai parlé en allemand et peut-être que ça a joué un rôle. Mais voilà, 2 km en combi et avec le casque, ça calme. J'arrive à 100m du box, 2 mécanos viennent prendre la moto. Je m'écroule, je ne respire plus, on me soutient pour marcher jusqu'au box où Jean-Luc m'attend. Il est l'heure du pétage de plomb, pourquoi moi, encore une fois ? Jean-Luc parle de m'emmener en pèlerinage. Après un quart d'heure, la moto repart, une fois la forme et la motivation revenue, je repars pour 50 minutes de nuit, les dernières. Thomas repart, et revient au bout de quelque minutes, lui aussi à poussé la moto, mais un peu moins, embrayage mort ! On repart, Jaro revient encore au stand, le train arrière bouge, quelque chose se passe, le team jette l'éponge, autant de problèmes en si peu de temps, ce n'est pas normal, on arrête avant que quelque chose de grave se passe. On était si bien parti, le rideau du box se ferme, il est 2 heures du matin, mon corps est content se finir l'effort, ma tête est déçue et Madame la poisse est contente, elle a réussi une fois de plus son travail. Je vais dormir quelques heures, je regarde un peu la course. Finalement, je préfère ne pas attribuer cela à Madame la Poisse, car finalement, ce n'est qu'une question de matériel et de préparation, enfin presque. Je préfère rester positif car j'ai appris beaucoup. J'ai roulé en 12 heures l'équivalent de 8 courses Superstock ! Et cela tout sur le même rythme, j'ai rencontré des gens cool, des gens qui ne sont pas les meilleurs mais qui se donnent à fond. J'ai vu la détresse et la tristesse sur tous les visages, tous les mécanos se sont excusés auprès de moi, comment en vouloir à des gens qui sont encore plus déçus que moi ? Bref, je suis content de ma première expérience même si je ne sais toujours pas si mon corps sera d'accord de courir un jour une course de 24 heures, mais la réponse sera vite là, car le 16 et 17 septembre, le Bol d'Or se courra avec moi, même si je ne sais pas encore avec quel team ! En attendant, je continue à faire du sport et espérer trouver des solutions pour 2007. Après un week-end de repos, j'irai essayer le Supermotard le 3 septembre, je participerai à l'enduro de Peney le 9 septembre (3 heures en solo !), puis je partirai 3 jours après pour le Bol d'Or et Magny-Cours, avec qui j'espère enfin devenir ami. Donc pas le temps de s'embêter ! Gardez le cap, Salut à tous, Hervé Gantner www.rv-gantner.ch/ Mis en ligne le 16/08/2006 par Webteam |