Endurance Moto 38 - EWC 2006 Photo : Alexandre CHAILAN
ENDURANCE ET CHORIZO !
Hola ! Encore un petit compte rendu de « derrière les stands » !
L’épreuve espagnole du mondiale d’endurance se déroule à Albacete, entre Madrid et Valence. Là bas, il n’y a rien, sauf une fabrique traditionnelle de couteau et … un circuit !
Comme vous le savez, elle se déroule de nuit. Et heureusement, car vu la chaleur qui y régnait…
Par contre, depuis la deuxième année, elle est réduite à 8 heures au lieu des 12 des débuts.
LA PREPARATION, LE VOYAGE ET L’ARRIVEE
Bon, pour y aller, on prend le plus facile, surtout pour le retour du dimanche : on est généralement un tantinet fatigué de ne pas avoir dormi depuis samedi matin !
Ce sera donc : départ vendredi, avec Toulouse Madrid en avion, Taxi, puis train jusqu’à Albacete. Vive Internet !
Dés l’atterrissage à Madrid, j’ai l’impression d’être en vacances : soleil, douceur de vivre, espagnoles,… mais bon, on est là pour bosser !
Je suis réceptionné à la gare : direction le circuit, à 5 minutes. Comme d’hab., on réveille les contrôleurs qui siestent sous leur parasol : plus jamais on ne sortira les pass, le bon sens l’emportant toujours (cela change de la France…).
LES ESSAIS
Les essais libres se poursuivent, les pilotes essayant de régler au mieux la moto. Et ça n’a pas l’air évident : nouvelles suspensions et nouveaux pneus : ils n’ont pas de base de réglages, et aucun pilotes ne connaît le circuit ! Quand au grip par 30° à l’ombre….
Bizarre : les essais de jour, la course de nuit…
Pour moi, cela s’organise : je prépare mon espace de travail, et surtout, je veille à la bonne hydratation de tout le monde. Pas eu le temps, mais un Camel back dans la bosse dorsale de la combine serait indispensable.
Les allez retours entre le stand et la tente se font en slalomant entre les piscines gonflables et les cuisines en plein air : un vrai camping, bien organisé cependant : la télé est là, et il faut faire « pro ».
Les essais de nuit seront plus constructifs pour la course.
Finalement, nous seront qualifiés treizièmes sur la grille.
Je fini la journée au gré des rencontres et des apéros, puis douche (le tout hyper propre : fallait voir le personnel de nettoyage disponible !) et au lit. Tiens, pas besoin de boules quies : les grillons ne font pas de rupteur… !
SAMEDI, LE DEPART
D’abord le warm up du samedi matin : les pilotes ont décidés d’affiner quelques réglages. Et là, ça commence mal : problème de freins. On perd du temps…
Et à l’issue de ce warm up, les pilotes trouvent que la boite devient dure…Vu que tous les moteurs utilisé depuis le début on vu certains pignons se décomposer, les mécanicien décident de monter un moteur neuf. Décision prudente, mais qui leur donne un boulot fou : la procédure de départ est prévue vers 17h15 !
17h : tout est prêt. J’accompagne Denis sur la grille, avec l’ombrelle et de l’eau. Tour de chauffe : tout se passe bien. Il se met en place et se concentre après avoir bu de nouveau. Faire de la moto par ce temps, ils sont fous !!
Le directeur de course abat le drapeau espagnol : c’est parti ! Enfin non : la moto cale….Denis redémarre, et lorsque je le suis des yeux, je remarque le mécano de la Suzuki n°100 qui pour la moto sur la piste ! Le temps de me dire : « mais qu’est ce qu’il fait » qu’un accident spectaculaire se produit : il est percuté par un concurrent et s’effondre sur la piste. Il ne bouge plus. C’est le choc. La voiture de réanimation s’arrête, les médecins lui portent rapidement assistance, une botte de paille est installée devant, comme protection symbolique. Les commissaires s’alignent tous avec leurs drapeaux jaunes. Les pilotes repassent sur la ligne droite au ralenti, le blessé encore sur la piste.
Il est finalement évacué, bien sanglé sur la planche. Je traverse vite la piste pour rejoindre le stand, et je croise le team de la 100. Certains pleurent, tous sont abasourdis.
Arrivé dans le box, la course reprend. Cela me semble futile.
Heureusement, nous apprendrons rapidement qu’hormis une perte de connaissance, le mécano va bien. Il sera évacué à l’hôpital pour passer des radios. OUF !
C’est donc l’esprit libre que les affaires reprennent.
LA COURSE
Après une heure de course, la yam austria (Giabanni, Scarnato et Jerman) est en tête, suivi de la suz (1), de la 8 (bollinger avec David morillon), la 12 (une yam espagnole qui a toujours fini cette course sur le podium). Nous sommes cinquièmes, devant phase one.
Les autres français : la 18 (pompiers) est 10,
La 44 (Jond et Monot) 13e,
La 100 est 14e,
La 30 (genou team) 15e,
La 16 (raffin) 18e,
La 134 (abg perf.) 21e,
La 113 est 28e.
Au gré des ravitaillements, nous évoluons entre la 5e est la 7e place. Le circuit, les conditions de chaleur et la moto sont difficiles. Déshydratation, manque de grip, trafic sur une piste étroite : les piéges sont nombreux.
Mes pilotes reviennent fatigués. Les relais sont longs. Beaucoup de boulot pour le kiné ça !
Après 3 heures de course, le classement est le suivant : 1-7-3-8-31-38. La 44 est 9e, la 18 est 11e.
23h13 : bris du sélecteur. Jean-Louis DEVOYON se prépare vite pour prendre la suite, nous n’étions pas loin de son relais. Mais l’équipe est plus rapide : greg (FASTRE) repart. J’ai essayé de bien lui faire boire sa ration. Même si la température retombe, presque 2 heures de relais, ça va être long pour lui….
La 12 nous repasse. Nous sommes 7, avec la 44 à 29 secondes derrière nous.
Devant, c’est toujours la 1 qui mène, suivi par la7 et la 3.
1 heure du mat : la dernière est entamée. Notre dernier ravitaillement a été un peu plus long que prévu, et depuis notre problème de sélecteur, la 12 a pris de l’avance (2 tours).Nous sommes plus rapides, mais l’écart a combler en 1 heures est trop important. Nous sommes toujours septièmes, suivis par la 44 à 1 tour, la 18 à 2.
Mais nos cœurs s’accélèrent et les calculatrices sortent : Denis semble déchaîné, et reprend entre 2 et 5 seconde par tour à la 12…. L’espoir revient, le final va être serré…
Puis stupeur : Denis rentre au stand : il a fait 3 tours au voyant. L’équipe avait prévu cette éventualité et remet rapidement les quelques litres qui seront nécessaire pour finir…le dernier tour !
Nous conservons la 7e place (au grand désespoir de Fred ;-)).
Le classement : 1, 7, 31, 3, 8, 12, 38, 44, 18, 666, 99, 30, 100,……
Le rangement commence de suite, puis j’erre chez les uns et les autres : bizarre de finir à 2 heures du mat. et de voir tout le monde remballer de nuit !
LE RETOUR
Finalement, c’est Jean-Louis qui me ramène à Madrid avec sa voiture de loc. Nous passons quelques heures en ville, à flâner. On s’installe en terrasse pour manger : des vacances je vous dis !
Mais les bonnes choses ont une fin : c’est l’heure de prendre l’avion du retour, qui est en retard d’ailleurs. C’est là que la fatigue commence à se faire sentir.
Content de retrouver Toulouse et la famille.
« PIT-LANE + »
• Contents d’avoir enfin marqué nos premiers points dans le championnat,
• Nous détenons toujours le record du tour en course : c’est Gwen qui l’avais réalisé en 2004.
• L’ambiance toujours sympa du paddock
• Je rectifie mon dernier compte rendu (le Mans) : Jean-Louis DEVOYON n’est pas suisse. ! Il dispute juste leur championnat. Je me disais bien qu’il était rapide pour un suisse ;-) !!
• Les spectateurs : il y en avait 3 au départ en 2004, les tribunes étaient bien remplies cette année ! certains sont même restés jusqu’à l’arrivée.
« PIT LANE - »
• Si le speaker était typiquement espagnol (enflammé), il n’avait visiblement que 2 CD à sa disposition : la Lorie espagnol et une copie d’Iglésias. L’année prochaine, j’amène les miens !
• L’accident du départ : sur cette piste étroite, le départ sans accrochage tient du miracle…
• La prochaine pour moi : Oschersleben en août.
Pat le Kiné ;-)
Mis en ligne le 20/06/2006 : par Ducat53
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